Comment interpréter le comportement turbulent d’un enfant

Publié par Dr Fabrice LOMBARD   

Nous avons parlé dans l’article précédent de la spécifité pour une mère d’élever seule son enfant.

Ici nous allons parler du comportement turbulent de l’enfant.

L’intérêt de ce sujet est d’insister sur ce fait qui peut ne pas être apparent pour tous : à savoir que 65% des dépressions du petit enfant (âgé environ de deux à 8 ans) se manifestent par une agitation quasi permanente. Et souvent une dépression grave de l’enfant, non traitée évolue vers des troubles importants de la personnalité.

Le Dr Fabrice LOMBARD est chef de service des hôpitaux en psychiatrie enfant. Il est psychanalyste Jungien et anime les formations en Psychopathologie à LA TEMPERANCE.

Bibliographie

- ABC de la Psychologie Jungienne, Carole SEDILLOT, Ed. Jacques GRANCHER 2003.
- ABC de la Psychologie de l’enfant, Corinne MOREL, Ed. Jacques GRANCHER 2000.
- ABC de la Psychologie et de la Psychanalyse, Corinne MOREL, Ed. Jacques GRANCHER 1995.

Nous avons parlé dans l’article précédent de la spécifité pour une mère d’élever seule son enfant.

Ici nous allons parler du comportement turbulent de l’enfant.

L’intérêt de ce sujet est d’insister sur ce fait qui peut ne pas être apparent pour tous : à savoir que 65% des dépressions du petit enfant (âgé environ de deux à 8 ans) se manifestent par une agitation quasi permanente. Et souvent une dépression grave de l’enfant, non traitée évolue vers des troubles importants de la personnalité.

Ceci dit, la proposition inverse n’est pas vraie : tous les enfants turbulents ne sont pas des dépressifs, loin de là (on peut dire que c’est de l’ordre de 5%).

L’enfant dépressif

L’enfant dépressif est, le plus souvent (soit donc, dans 65% des cas), agité, toujours en mouvement, hyper-kinétique, afin, par cette activité incessante, de se projeter hors de lui-même et ainsi de se soustraire à une douleur morale intérieure. (On retrouve d’ailleurs ce processus de fuite de soi-même chez l’adulte dépressif, mais c’est plus exceptionnel). Il suffirait d’ailleurs que cet enfant soit cloué au lit par une forte fièvre, pour voir alors, apparaître les signes directs d’un état dépressif : faciès triste, indifférence, anesthésie affective, mutisme, repli... Ces signes directs se manifestent dans 20% des dépressions du petit enfant.

Les 15% des cas de dépression restants sont représentés par des enfants qui ne s’aiment pas eux-mêmes, qui oublient leurs affaires, qui se mettent en situations accidentelles répétitives... Ce déficit de la pulsion de vie, cette indifférence à eux-mêmes émoussent leur instinct de conservation, et cela peut donner l’impression d’un fatalisme suicidaire, mais sans trouble de l’humeur : l’enfant ne sera ni triste, ni trop énervé, ce qui est d’autant plus pernicieux que l’entourage ne peut pas dans ce cas, repérer la dépression sous-jacente.

Évolution de la dépression

La dépression de l’enfant qui n’a pas été traitée n’évolue généralement pas vers la dépression à l’âge adulte, mais vers des pathologies parfois graves. En effet, l’enfant dépressif qui se vit comme un “mauvais objet”, aura du mal à établir une relation transférentielle de qualité avec autrui, et cela aura une répercussion sur la construction de sa propre personnalité (pour aimer les autres, il est utile de s’aimer soi-même). Il ne pourra donc pas percevoir l’autre comme une entité qui le concerne.

Dans le cas extrême d’une telle évolution vers la psychopathologie, il n’aura plus conscience de l’importance-même de ses actes : ainsi, donner un coup de couteau dans le ventre de quelqu’un aura pour lui, la même signification que s’il enfonce le couteau dans un coussin. Toute frustration réveillant la dépression ancienne obligera en effet, à un passage à l’acte pour évacuer, dans l’immédiateté, une angoisse : certains faits divers peuvent en être l’illustration (“L’Automobiliste tue pour une place de parking...”).

Certains cas de toxicomanie ou d’alcoolisme peuvent également s’expliquer par cette incapacité à gérer l’angoisse et la communication (qui pourrait atténuer celle-ci).

Autres causes d’instabilité d’un enfant

Elles peuvent être :
- Somatiques : neurologiques, hormonales (la prescription d’hormones de croissance (S.T.H.).
- Traumatiques : si un enfant est devenu instable quelques semaines, voire quelques mois suite à un traumatisme crânien, pensez à consulter un ostéopathe.
- Psychologiques, ici, plusieurs cas sont possibles :

a) La mère indisponible : Si l’enfant n’est turbulent qu’en présence de sa mère (ou personne référente) alors qu’elle vient de reprendre le travail, c’est peut-être parce que jusqu’ici (jusqu’à ce qu’il ait deux ans, par exemple), elle a été très disponible pour lui, et que l’enfant a un tempérament qui ne supporte pas ce changement brutal de régime. Cette mère devenue indisponible aura d’autant plus de difficultés à supporter l’enfant qu’il est plus difficile qu’auparavant. A l’indisponibilité quantitative s’ajoutera l’indisponibilité qualitative, qui aggravera encore l’hyperkinésie de l’enfant et créera une véritable spirale d’énervement de part et d’autre.

b) La mère anxieuse : une mère insécurisante qui ne pose pas de limites induit chez l’enfant par osmose une surcharge anxieuse que l’enfant essaiera d’évacuer par de l’agitation, agitation entretenue si la mère ne sait pas comment y faire face.

c) La mère abusive : trop autoritaire, trop exigeante, pointilleuse rend son enfant “explosif”.

d) La mère absente ou des situations de séparations répétées pourront être aussi des causes de dépression.

Quand s’inquiéter ?

Le fait qu’un enfant bouge beaucoup est un signe d’éveil intellectuel, de curiosité au monde et même si son excès de vie peut être encombrant, il est opportun de ne pas briser ce mouvement. Cet enfant “vivant” sera généralement, par ailleurs, obéissant.

Par contre, un enfant agité, incontrôlable, voire agressif, frénétique nécessitera une consultation spécialisée car chaque enfant a un tempérament unique qui s’inscrit dans une histoire particulière et nous ne pouvons pas prendre en compte ici, tous les cas de figure.

En conclusion

Comme on a pu le comprendre au cours de ces lignes, l’agitation de l’enfant traduit souvent une souffrance à laquelle il faut prêter attention. Il est capital de ne pas répondre à cette agitation de manière répressive, sans chercher à comprendre. C’est ici l’occasion de réévaluer la relation que l’on a avec l’enfant en étant attentif à ses besoins, en ayant envers lui une attitude ferme, douce et revalorisante. L’enfant dépressif étant encore plus vulnérable, il convient de redoubler de vigilance et d’appliquer les grandes lois fondamentales

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