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Le développement de l’enfant

Que ce soit en complément d’une formation à la relation d’aide, d’une formation de psychothérapeute ou pour améliorer toute pratique de la psychothérapie, une connaissance approfondie de la psychopathologie et du développement de l’enfant semble indispensable à qui veut connaître le minimum de psychologie et de psychopathologie pour au moins différencier névrose et psychose.

Dans cette série nous vous parlons de l’importance de la petite enfance sur la construction de la personnalité. Nous vous présentons les différents stades du développement psycho-affectif de l’enfant, les erreurs à éviter et les conduites à tenir. Au fil des articles vous comprendrez mieux comment se construisent les différents types de personnalités .

Le début de la sociabilité se fait à partir de deux mois, le bébé accorde beaucoup plus d’importance à l’environnement. Il va réagir par des émissions vocales aux sons que sa mère émet devant lui. Ces « pré-dialogues » préparent le contact affectif et social qui s’établira pendant les mois suivants.

« Au troisième mois, l’importance de la mère s’accroît et son image se confirme
et se précise pour l’enfant... »

Au troisième mois, l’importance de la mère s’accroît et son image se confirme et se précise pour l’enfant, il en est sans doute de même pour le père. En tout cas, à quatre mois, la présence d’étrangers inhibe le sourire ou l’activité de l’enfant, ce qui indique que les parents ont leur « consistance » propre et sont désormais différenciés d’autrui. On peut parler de l’éveil d’une certaine sensibilité sociale. Entre cinq et sept mois, s’établit la différenciation des mimiques adultes : le bébé aura des réactions différentes suivant l’expression du visage adulte (courroucée ou souriante).
C’est à partir de six mois que l’on signale l’intérêt et la joie du bébé à tous ces petits jeux alternatifs bien connus (par exemple : le jeu de « coucou »). L’enfant dissocie son activité de celle de son partenaire et cherche à se situer par rapport à celui-ci. C’est d’ailleurs le moment où les premières imitations de l’adulte se dessinent.

« La discrimination
des personnes se marque encore dans ce que SPITZ a
appelé « L’Angoisse des huit mois »... »

Le progrès de la discrimination des personnes se marque encore dans ce que SPITZ a appelé « L’Angoisse des huit mois ». Devant des étrangers, l’enfant se renfrogne, se cache ou se met à pleurer, manifestant ainsi à leur égard une timidité dont il ne témoigne pas en présence des personnes de son entourage. La dimension de l’inconnu prend corps et se précise, ce qui a pour effet de valoriser les éléments sécurisants du familier et de l’habituel que l’enfant trouve notamment dans les rituels de la journée. Cette sécurité et cette confiance, le bébé les connaît maintenant dans un cercle circonscrit familial dans lequel il prend vraiment pied à un an. Il a son rôle et sa place.
Si le mot « papa » apparaît souvent avant le mot « maman » c’est peut-être parce qu’il est plus facile à prononcer mais aussi en raison du plus net caractère d’absence du père dans notre société, la primauté de la mère n’en continue pas moins à croître et à s’affirmer. Il a toujours besoin de s’assurer de son attachement et de sa présence. Ainsi verra-t-on parfois l’enfant refuser les soins ou les avances d’autrui et faire preuve d’un exclusivisme déconcertant.
A côté des progrès spectaculaires sur le plan relationnel avec des adultes, on peut encore constater la pauvreté des rapports avec ses pairs. C’est seulement à l’âge de six mois que les contacts sociaux sont négatifs, le bébé traite ses pairs comme des objets, les bouscule, les manipule, leur arrache les jouets qui l’intéressent. Il ne leur accorde aucune attention à part quelques sourires.
Vers neuf mois, le partenaire est pris en considération mais en fonction du matériel qu’il détient. Les luttes et les conflits culminent pour la possession d’objets.
C’est au cours de la première année qu’un certain nombre de réactions émotionnelles apparaissent. Elles sont moins circonscrites que chez l’adulte.
On peut dire que, chez le bébé et chez le petit enfant, « L’émotivité prime l’émotion ». Les réactions émotives n’ont pas toujours de causes décelables et sont sans proportion avec leur cause et débordent la situation à laquelle elles se rapportent. Elles peuvent se propager très vite comme s’éteindre très vite sans raison apparente. Elles émanent d’un psychisme moins élaboré que chez l’adulte, le psychisme étant moins socialisé et où le raisonnement et la représentation font défaut et où le psychisme est entièrement dominé par le présent. Le langage émotionnel du bébé est plus pauvre et moins intelligible mais il n’est pas moins éloquent.
Les émotions dites négatives prédominent chez le bébé et nous donnent l’assurance que la vie du bébé n’est pas aussi agréable que l’on imagine volontiers. A trois semaines, l’enfant est assailli par toutes sortes de sensations à caractère pénible et douloureux, cette tension se manifeste par des modifications respiratoires et les pleurs.
De cette détresse primitive, qui donnera lieu au chagrin, à la tristesse proprement psychologique vers cinq mois, se différencient surtout deux grandes émotions, peur et anxiété d’une part, colère et agressivité d’autre part. Quant à la jalousie, elle n’apparaît que vers la fin de la première année quand les relations affectives se précisent.
L’angoisse des huit mois est liée à une brusque perte de soutien ou à la soudaineté de certaines stimulations affectives, auditives et visuelles (bruit violent, mouvements brusques). Les peurs ne sont pas admises mais apprises par conditionnement, par imitation, par induction (si tu vas dans la rue, tu vas te faire écraser...) si le bébé a des crises de paniques anxieuses, il n’aura guère de frayeurs mais celles-ci vont se multiplier au cours de ses expériences à mesure que s’accroît sa liberté d’action.

« C’est au cours de la première année qu’un certain
nombre de réactions émotionnelles
apparaissent... »

Il convient de rappeler que l’inconnu et le non familier ont une forte potentialité anxiogène mais que l’attitude des parents est déterminante car il y a corrélation entre les peurs de l’enfant et celles de la mère.
Les manifestations de colère et d’agressivité sont plus fréquentes et on peut ranger dans cette catégorie les réactions qui se font jour vers deux ou trois mois (repas retardé ou séquences familières non respectées). La colère est liée à la frustration, à la contrainte.
Quant aux émotions positives, elles ont beaucoup moins retenu l’attention des chercheurs trop préoccupés par le dépistage des inadaptations. Ce n’est que vers deux mois que le plaisir fait son apparition comme réaction émotionnelle différenciée (sourire, mouvements des jambes, cris brefs et clairs, surtout quand le bébé est soigné et caressé et que l’on joue avec lui). Le rire n’arrive que vers six mois (chatouillement), il serait l’objet de tout apprentissage comme la peur. L’âge des grands rires viendra ultérieurement.

« Quant à la jalousie, elle n’apparaît que vers la fin de la première année... »

On peut situer aux alentours de huit mois la forme particulière de la joie qu’est la fierté, réaction de triomphe qui est liée à la réussite dans l’action.
C’est aussi vers huit mois que l’on a les réactions de tendresse et d’affection dont la mère sera l’objet. Ici joue aussi l’imitation : c’est en étant aimé que l’enfant aime et c’est en étant aimé qu’il apprend à se voir comme aimable, c’est-à-dire comme ayant une valeur pour son entourage, ce qui va grandement déterminer son attitude envers lui-même, sa manière de se considérer comme valable ou non valable, élément capital de son sentiment de sécurité.


Bibliographie