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Réponse à une lectrice

Après la parution de mon ouvrage : « l’Alcool, toi, moi et les Autres », je peux dire que le chapitre consacré à l’utilisation de la PNL (Programmation Neurolinguistique) en alcoologie est un de ceux qui ont suscité le plus de réactions -enthousiastes ou critiques !

Pourquoi ?

Parce que la PNL s’intéresse davantage aux résultats qu’à la théorie ? Parce qu’elle introduit de nouvelles données et que les notions nouvelles demandent toujours du temps avant de se faire admettre. Parce que, grâce à cette technique, des problèmes peuvent être solutionnés avec une grande rapidité -par rapport à d’autres thérapeutiques- et cela, sans souffrance ?

Autant de réponses possibles... Toujours est-il que convaincus de l’intérêt de cette pratique, Michel FACON et moi-même avons décidé, par le support de la revue :

  • d’apporter une information précise et la plus concrète possible sur les moyens utilisés et les résultats obtenus.
  • d’ouvrir le débat sur cette pratique.

Elisabeth FRIT

Murielle a une soeur « alcoolique ». Elle s’est adressée à la TEMPERANCE pour poser les questions suivantes :

1) Est-ce que l’alcoolisme est un état de dépression avancé ?

2) "Est-ce qu’on peut dire qu’un alcoolique fait preuve de lâcheté ? ou est-ce simplement de la peur ? peur de vivre ? peur de mourir ?

3) La dépendance à l’alcool est-elle psychique ou physique ? ou les deux ? sur quoi faut-il agir pour lutter contre l’alcoolisme ?

4) Le fait de boire abusivement le week-end pendant une soirée est-il une forme d’alcoolisme ? Est-ce que cela peut dégénérer en une dépendance alcoolique ?

Qu’est-ce qui est le plus grave : boire un apéritif chaque soir de la semaine ou rechercher l’ivresse un soir dans la semaine ?

Un livre de plusieurs centaines de pages ne suffirait pas pour répondre à Murielle. Je souhaite cependant qu’elle trouve des débuts de réponse dans le texte suivant, que j’ai rédigé en pensant à elle.

Remarques préalables

  • le terme « alcoolisme », apparut en 1849 sous la plume du médecin suédois Magnus HUSS, désignait l’ensemble des conséquences de l’intoxication éthylique sur le corps humain ; il reconnaît ce que l’on nomme aujourd’hui les « alcoolopathies », c’est-à-dire les maladies causées par l’abus d’alcool.
    Je regrette beaucoup, pour ma part, que le terme ait élargi sa signification à un tel point qu’il ne veuille plus dire grand’chose aujourd’hui.

Dans le sens donné primitivement par M. HUSS, l’alcoolisme (ou les alcoolopathies) appartient au domaine du seul médecin. Dans ce sens, seul le médecin est compétent pour soigner l’alcoolisme.

  • Chacun sait aujourd’hui que la personne en difficulté avec l’alcool n’est pas seulement confrontée à une molécule prise en excès. En d’autres termes, « l’équation excès d’alcool égale alcoolisme » est fausse et naïve.
    L’alcoologie dépasse très largement le cadre médical et implique beaucoup d’autres spécialistes.

A mon avis, il est préférable de parler d’alcoolisation et de dire que l’alcoolisation est un comportement (et non une maladie). Le concept d’alcoolisation n’introduit aucune ligne de partage entre ceux que l’usage nomme "alcooliques’ et les autres. On peut alors définir une personne qui s’occupe des questions d’alcoolisation comme un praticien en alcoologie (et ce dernier n’est pas forcément un médecin comme tendent à le croire beaucoup trop de gens).

  • Le praticien en alcoologie est donc ce spécialiste qui, quelle que soit sa profession d’origine, a pour vocation d’élucider la relation de l’homme à l’alcool. A mon sens, l’alcoologue devrait avoir analysé sa propre utilisation des produits psychotropes et toxiques avant d’élucider celle des autres. Cet aspect devrait être inclus dans sa formation.
  • A mon avis, le problème de la prévention de l’alcoolisme, puisqu’il faut malgré tout utiliser ce mot, est mal posé. Actuellement, la prévention ne cible que les alcoolopathies qui, seules, sont liées à l’excès d’alcool. Cette prévention ne peut pas prévenir les difficultés que rencontre une personne avec l’alcool car l’origine de ces difficultés n’est pas vraiment prise en compte. Pour être plus clair, je dirai que la prévention des alcoolopathies est du domaine médical et para-médical. Par contre, introduire une prévention qui tente de diminuer le nombre des personnes dépendantes de l’alcool est encore une entreprise à mettre en oeuvre. Rien n’est fait actuellement en ce sens car le public croit encore que l’alcoolisme est causé par l’excès d’alcool.
  • L’apparition de la PNL a profondément bouleversé les concepts utilisés jusqu’ici dans le champ de l’alcoologie. Un nouvel ensemble d’idées a vu le jour et ces dernières, nettement plus efficaces en pratique, prennent peu à peu le pas sur les anciennes notions. De nouvelles « cartes » viennent découper et représenter le champ de l’alcoologie et sont à l’origine de modèles nettement plus performants. Dans le cadre de la PNL, il n’est plus possible d’appréhender « l’alcoolisme » et les autres addictions comme on le faisait jusqu’ici. Il est possible maintenant de cerner l’essentiel des croyances, valeurs et critères qui sont à la base d’une identité et de les ajuster de telle sorte que le recours à l’alcool ne soit plus nécessaire.

En quoi consiste l’alcoolisme ?

Je rappelle à Murielle les quelques propositions suivantes : le sujet est placé dans un contexte particulier qu’il a du mal à gérer sur le plan émotionnel. Il ressent un état interne désagréable ; celui-ci émerge à peine qu’il est déjà à l’origine d’un comportement d’alcoolisation immaîtrisable. Cet état interne n’est pas de même nature que celui qui déclenche une simple envie d’alcool qui, elle, conduit à une alcoolisation maîtrisable.


• L’alcoolique fait-il preuve de lâcheté ?
certainement pas ! il n’est, bien entendu, ni vil, ni méprisable et ne manque pas de rigueur morale ni de courage. Il faut bien saisir, Murielle, que « l’alcoolique » ne peut pas ne pas boire dans certaines circonstances. Il ne peut pas résister pour deux raisons me semble-t-il ; d’abord, parce que l’état interne ressenti réveille le traumatisme initial et ensuite par ce que le mécanisme est compulsif. J’invite ma lectrice à relire attentivement les deux articles sur la compulsion et à méditer ceci : votre soeur a des problèmes avec l’alcool, certes, mais il n’est pas question un seul instant de la juger. Savez-vous, Murielle, que l’on peut aujourd’hui « greffer » une compulsion à n’importe qui, pourvu que la personne veuille bien se prêter à l’expérience ? Cela veut dire très clairement que cette personne, pourtant « non-alcoolique » se conduirait exactement comme un « alcoolique » !
(Soyez rassurée, Murielle, on peut enlever ensuite, très facilement, cette sorte de compulsion artificielle).

Le traumatisme initial

La grande majorité des Français s’alcoolisent mais un certain nombre seulement (10% ?) deviennent dépendants de l’alcool. Comment comprendre cela ? Et comment comprendre du même coup l’échec des entreprises de prévention jusqu’ici ?

Ne devient pas « alcoolique » qui veut, et il ne suffit pas pour cela de boire en excès. L’affaire est à la fois plus simple et grave : un traumatisme insupportable, souvent répété, est intervenu dans l’enfance, l’adolescence ou même parfois à l’âge adulte. Pour faire face au caractère insurmontable du traumatisme, le sujet s’est disloqué, clivé, divisé en deux parties, l’une observatrice et l’autre observée. Cette dissociation, comme nous la baptisons, est juste antérieure à l’autonomisation de la souffrance et à son contrôle.

Cette dissociation réactive correspond à une situation subjective que seul le sujet serait à même de décrire pour lui-même avec pertinence. Processus beaucoup plus qu’un état, cette dissociation de base est un mécanisme appris par le sujet dans l’urgence de la situation traumatisante. Beaucoup d’évènements peuvent être à l’origine d’une telle dissociation de base : Viols, incestes, abus, brutalités... sévices souvent méconnus dans le système familial et l’entourage, parfois connus mais tus.
Ce qu’il importe de comprendre, Murielle, c’est que ce clivage a été un don du ciel au moment où le traumatisme est survenu. En ce sens, la dissociation, origine lointaine de la dualité (PA) (PS), n’est pas un problème mais une solution pour le sujet.

Solution ou problème

Bien sûr, je comprends que si ce clivage est une solution pour le sujet, c’est en même temps, un problème pour l’entourage (et aussi les professionnels !). Non seulement ce clivage est une solution, mais c’est la meilleure solution que le sujet ait pu mettre en place. Je sais que cela est dur à entendre mais cela permet de comprendre à la fois les difficultés de « l’alcoolique » et celles de son entourage.
Car les notions de « problème » et de « solution » comme chacun peut s’en rendre compte par une réflexion élémentaire, sont des notions RELATIVES. Dès lors, dès que l’on entend prononcer ces mots, il convient de se demander : problème pour qui ? Solution pour qui ? Peut-être « l’alcoolique » a-t-il peur, après tout... mais peur de quoi ? de revivre des années après, le traumatisme initial ? c’est possible... de ne pas parvenir à délencher à temps sa solution dissociative ? possible...
Mais il n’a pas envie de mourir. Au contraire, tout son être veut vivre. N’oublions pas que la dissociation est un mécanisme de survie, solution personnelle extraordinairement efficace ! L’alcoolisme n’est pas un comportement « auto-destructeur » mais un comportement de vouloir vivre.

Lutter contre l’alcoolisme...

  • Pour prévenir les alcoolopathies, il suffit de diminuer la consommation d’alcool. Cette prévention est actuellement bien faite et ne pose pas de problèmes particuliers.
  • Par contre, s’il s’agit de lutter contre l’alcoolisme en tant que dépendance, l’affaire est singulièrement plus complexe. L’alcoolisation excessive n’est, en effet, que la partie visible de l’iceberg. Une prévention efficace devrait ici s’attaquer théoriquement à tous les évènements susceptibles d’entraîner l’apparition d’une dissociation. Encore faudrait-il être convaincu que ces évènements forment bien la matrice de l’alcoolisme en tant que dépendance. L’entreprise est vaste et nécessite un sacré doigté !
    Sur le plan technique, il faut bien reconnaître que, depuis l’apparition de la PNL, il est plus simple d’aider un « alcoolique » à s’en sortir en effectuant avec lui un travail sur l’empreinte du traumatisme initial. Je sais que cette idée a du mal à être acceptée, mais nous savons, avec l’expérience acquise à la TEMPERANCE, que ce travail demande quelques jours.
    Je me rends de plus en plus compte, après plus de vingt ans d’alcoologie clinique, du piège que tendent les mots. La série sémantique : alcool, alcoolisation, alcoolisme, alcoologue... serait à revoir. Ces concepts polarisent trop la pensée sur l’alcool en tant que produit et cachent l’essentiel des problématiques. Une vraie prévention de l’alcoolisme demanderait à ce que l’on touche à ce qui se passe, parfois, dans l’intimité des familles... des choses cachées, ignorées, tues : des choses honteuses qu’on ne saurait dévoiler sans prendre des risques inouïs... une prévention de l’alcoolisme et des autres addictions (anorexie, boulimie, flambeurs...), je veux bien dire une prévention qui ne serait pas du semblant, prendrait en compte une dimension qui reste dissimulée au sein des familles...

Alcoolodépendance

Avec les concepts de dépendance physique et de dépendance psychique, on a l’impression, après ce qui précède, de tomber dans un autre monde. Il faut comprendre ici que l’ordre explicatif est différent. Nous sommes dans le domaine de la biologie.
Classiquement, la dépendance est à la fois physique et psychique et il est bien difficile de séparer les deux. Quand elle est décrite sur son versant physique, la dépendance se définit comme un état d’adaptation à l’alcoolisation tel qu’apparaissent des troubles physiques intenses dès que la consommation cesse : c’est le « syndrome de sevrage » ou « déprivation ». La biologie émet des hypothèses explicatives au sujet de la dépendance : modification des neurotransmetteurs et modifications structurelles des membranes cellulaires. Ceci étant dit, j’aimerais que ma lectrice comprenne qu’il n’y a pas une seule explication au phénomène de l’alcoolisme. Chaque science apporte son éclairage particulier et offre ses outils. Les explications médicales n’excluent pas les explications sociologiques et psychologiques. Dans cet ensemble de sciences qui s’intéressent à l’alcoolisme, la PNL a un statut particulier dans le mesure où elle ne veut pas construire une nouvelle théorie. Elle offre un cadre conceptuel nouveau qui propose des solutions là où il n’y en avait pas jusqu’ici.

L’alcoolisme, une dépression avancée ?

Comme je l’ai dit à maintes reprises, je ne peux pas inclure l’alcoolisme dans le cadre des maladies.
Exception faite des alcoolopathies qui sont de la compétence du seul médecin, je pense que le traitement de l’alcoolisme n’appartient pas aux médecins, sauf s’ils sont des alcoologues, par ailleurs.
Dès lors, pour moi, l’alcoolisme en tant que tel ne saurait se ramemer à une dépression avancée. Certes, la personne en difficulté avec l’alcool peut être sujette, comme tout un chacun, à la dépression. Je n’ignore pas, bien sûr, que les psychiatres décrivent volontiers des dépressions primaires préalables à une alcoolisation dite pathologique et des dépressions secondaires qui seraient, soit réactionnelles au sevrage, soit masquées par l’alcoolisation ;
A mon avis, en dehors de leur remboursement des soins par la Sécurité Sociale, les « alcooliques » n’ont pas grand intérêt à être aujourd’hui considérés comme des « malades ».

Alcoolisme et doses d’alcool

Ce ne sont pas les doses d’alcool ingérées qui sont importantes mais plutôt le mode d’alcoolisation et l’inscription de celui-ci dans les contextes de la vie quotidienne.
En fonction de la vulnérabilité du sujet, les doses n’expliquent que la sévérité et l’étendue des seules alcoolopahties.
Le fait de boire abusivement le week-end, pendant une soirée, peut être considéré comme une forme d’alcoolisme s’il est prouvé par ailleurs, que le sujet ne peut pas ne pas boire.
Il s’agit alors d’une perte de liberté de manoeuvre par rapport au produit alcool.

Que dire encore à Murielle dans le cadre de cet article ? J’aimerais ajouter que la plupart des personnes en difficulté avec l’alcool ont une perception d’eux-mêmes peu favorable. Les croyances qu’elles entretiennent à leur sujet sont plutôt limitantes.
Elles doutent de leurs capacités, se sentent souvent coupables et pas assez bonnes. Souvent, elles se perçoivent comme des victimes dans leur environnement. Elles semblent souvent coincées dans des réactions émotionnelles et éprouvent des difficultés à tirer des enseignements du passé...
Michel FACON.

La revue LA TEMPÉRANCE a édité une suite d’articles sur PNL et Alcoologie.

Ces modèles sont appliqués au cours des séminaires « En finir avec les dépendances » (alcool, anorexie/boulimie, drogue, etc.) à LA TEMPÉRANCE

I.E.P.N.L. - LA TEMPÉRANCE

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