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PNL et Alcoologie

Après la parution de mon ouvrage : « l’Alcool, toi, moi et les Autres », je peux dire que le chapitre consacré à l’utilisation de la PNL (Programmation Neurolinguistique) en alcoologie est un de ceux qui ont suscité le plus de réactions -enthousiastes ou critiques !

Pourquoi ?

Parce que la PNL s’intéresse davantage aux résultats qu’à la théorie ? Parce qu’elle introduit de nouvelles données et que les notions nouvelles demandent toujours du temps avant de se faire admettre. Parce que, grâce à cette technique, des problèmes peuvent être solutionnés avec une grande rapidité -par rapport à d’autres thérapeutiques- et cela, sans souffrance ?

Autant de réponses possibles... Toujours est-il que convaincus de l’intérêt de cette pratique, Michel FACON et moi-même avons décidé, par le support de la revue :

  • d’apporter une information précise et la plus concrète possible sur les moyens utilisés et les résultats obtenus.
  • d’ouvrir le débat sur cette pratique.

Elisabeth FRIT

Distinguer la personne et son comportement

M.X n’est pas pour moi UN alcoolique, M.X. présente un comportement d’alcoolisation incontrôlé. Astuce de langage ? Jeu avec des mots ? Certainement pas ! car, lorsque l’on parle du comportement de M.X, on ne parle pas de ce qu’il EST, mais on met l’accent sur ce qu’il FAIT.

Croyez-moi, M.X aimerait faire autrement que boire, mais il ne peut pas, ou il ne sait pas comment faire...(ou, plus précisément, il ne sait plus comment faire). Autrement dit, même s’il veut « ne pas boire » dans certaines circonstances, il ne peut pas le faire avec aisance. Inutile de dire qu’en appeler à sa volonté est inefficace, voire même nuisible.

Il voudrait pouvoir ne pas boire, mais il ne peut pas « pouvoir » ! cette idée est bien exprimée dans certaines définitions de l’alcoolisme comme : « la perte de liberté par rapport à l’alcool... » « la perte de liberté de manoeuvre à l’égard de l’alcool » (J. RAINAUT). Ce qui veut dire en clair que la personne en difficulté avec l’alcool n’ a plus le choix : elle n’a plus qu’un comportement possible -l’attirance irrésistible- ! Elle le dit d’ailleurs elle-même : « c’est plus fort que moi »... « J’ai le diable dans le ventre »... comme s’il y avait deux personnes en elle et que la personne « raisonnable » ne pouvait pas intervenir face à l’alcool.

La personne alcoolique veut « ne pas être obligé de » mais elle ne peut pas car elle ne sait pas COMMENT faire.

DU « POURQUOI » AU « COMMENT FAIRE »

Je me suis demandé pendant des années, POURQUOI cette envie irrésistible, cherchant des explications, des « raisons », des significations... bref, cherchant à « comprendre »... En réalité, je dois avouer que ne n’ai rien trouvé de très spécifique qui m’ait convaincu. Les multiples théories avancées pour expliquer l’alcoolisme étaient parfois très intéressantes mais elles ne me disaient pas comment faire pour aider la personne en difficulté avec l’alcool.

Les théories ne m’étaient pas utiles : je voulais du pratique, du concret applicable directement dans la relation avec « l’alcoolique » ; je voulais des moyens, des « OUTILS ». J’aurais voulu que quelqu’un me dise très précisément : « voilà comment il convient de t’y prendre pour obtenir des résultats ! » Je ne voulais pas expliquer les problèmes des gens, je voulais les aider à les résoudre, c’est à dire : être EFFICACE.

Je ne voulais plus qu’on se contente de me dire des choses aussi vagues et floues que : « l’important, c’est d’établir la relation... » « de mettre la Personne en confiance » etc..." ou des phrases similaires. Je voulais qu’on me dise avec précision comment m’y prendre, concrètement, pour établir cette fameuse relation, comment la maintenir et comment repérer, sans me leurrer, si cette relation est bien établie. Plus qu’un savoir, je voulais acquérir un savoir-faire.

Il y a trois ans encore, je me sentais résigné, prêt à accepter une routine faite de résultats aléatoires et à renoncer à trouver une technique vraiment efficace... Je baissais les bras et le mystère de l’alcoolisme restait pratiquement entier.

LA PNL COMME REPONSE

C’est alors que je « rencontrai » cette discipline au nom rébarbatif : La Programmation Neurolinguistique (PNL), en feuilletant la revue « Psychologie » (février 1982 - n° 144). J’ai lu, relu, puis étudié cet article de très près : l’auteur, Alain CAYROL y donnait la démarche à suivre pur réaliser un « ancrage », une des techniques de PNL permettant de résoudre rapidement des problèmes mineurs.

Au lieu de philosopher à l’infini sur la PNL ou d’écouter cette petite voix intérieure qui me répétait « ce n’est pas possible » ! j’ai essayé « l’ancrage » dès le lendemain avec des patients du Centre Alpha. Et ça a marché ! J’en ai fait un, deux, trois, dix... et ça continuait à marcher ! Je me suis procuré ensuite l’ouvrage d’A. CAYROL et Josiane de SAINT PAUL (« Derrière la magie : la PNL ») grâce auquel j’ai pu apprendre d’autres « outils ».

Je « désactivai » alors des scènes traumatisantes en un temps record (10 à 15 mn !), je traitai définitivement des phobies en une seule séance.

Ces résultats encourageants me conduisirent tout naturellement à la « formation officielle » pour acquérir savoir-faire et certification.

LES PREMIERS SUCCES THERAPEUTIQUES

De la période de mes débuts avec la PNL, il me reste une foule de souvenirs inoubliables.

Je me souviens d’Albert, une cinquantaine d’années. Il venait tout juste d’arriver au Centre Alpha, incapable de parler le visage grave, bouleversé, il me tend une enveloppe... Je lis son petit mot dans mon bureau : son fils d’une quinzaine d’années avait été brûlé vif, quelques années auparavant dans l’incendie de l’hôtel-restaurant qu’il gérait. Albert avait assisté impuissant, à la scène de son enfant brûlé vif devant lui... Il ne pouvait pas en parler sans s’effondrer immédiatement.

Dix minutes ont suffi pour détacher l’affect pénible de ce souvenir horrible. Il n’en revenait pas, et moi non plus d’ailleurs ! son corps s’est détendu instantanément et son visage figé s’est détendu, il paraissait quelques années de moins... Le lendemain, dans le groupe de psychothérapie auquel il participait, il pouvait parler de l’horrible accident sans être submergé par l’émotion. L’intervention s’était faite sans aucune souffrance, comme c’est le cas lorsque l’on pratique la PNL.

Je me souviens aussi d’Eliane, 40 ans environ. Son père s’était suicidé dans son bureau, pièce attenante à l’endroit où elle se trouvait. Des années plus tard, elle entendait encore le coup de revolver et elle revoyait sans cesse son père, effondré, une balle dans le front. Elle revivait plusieurs fois par semaine cette scène dramatique et avait peur de s’endormir, disait-elle à cause de ce « cauchemar »...

Il a suffi de quinze à vingt minutes, en comptant le temps passé à la convaincre d’essayer l’intervention, pour effacer l’impact du traumatisme.

Elisabeth était infirmière. Elle arrêtait de boire régulièrement, mais rechutait -disait-elle- « à cause de sa »phobie". Dès qu’elle était abstinente, elle ne pouvait plus conduire sa voiture à plus de 30 km/heure, par contre, dès qu’elle se remettait à boire, elle conduisait normalement ! Je vous laisse imaginer les conséquences...

L’intervention avait été réalisée devant les 10 personnes de son groupe de thérapie. Quarante minutes après, ce handicap avait trouvé sa solution. Sceptique comme le sont la plupart des personnes dans des cas analogues, Elisabeth m’avait dit : « oui, je sens que ça va aller, mais qu’est-ce qui me prouve que ça ira vraiment quand je serai au volant de ma voiture ? » Je lui tendis alors mon trousseau de clefs en lui disant : « prends ma voiture et va faire le tour de Royan ! Un bon quart d’heure après, elle revint, souriante devant le groupe ébahi et me dit : »elle est nerveuse ta voiture !".

Il y eut aussi les « ancrages de sommeil » : en quinze minutes, un patient insomniaque, pouvait réapprendre à s’endormir et il retrouvait cette capacité le soir même ! Neuf fois sur dix, cette intervention suffisait. Lorsque l’on connaît les difficultés du sommeil que rencontrent les alcooliques, c’est quand même pratique n’est-ce pas ?
Une anecdote est restée gravée dans mon souvenir : Un jour, un patient que je ne connaissais pas encore, est venu vers moi, dans la cour d’Alpha, en me disant : « c’est vous l’endormeur ? » Je lui ai simplement dit : « oui c’est moi, est-ce que tu veux dormir ce soir ? » et j’ai ajouté : « ça va nous prendre un petit quart d’heure ! » et cela ne nous prit pas davantage de temps.

Raconté de cette manière, tout cela parait mystérieux, presque magique ! mais derrière cette apparence de magie, il y a, soyez en certain, une technique très sophistiquée. Et cette technique s’apprend, comme toutes choses...

CHANGER SANS SOUFFRANCE

Ainsi, au fur et à mesure de la formation, j’apprenais de nouveaux outils que j’utilisais dès que l’occasion se présentait. Et cela marchait ! Enfin, je pouvais me sentir efficace devant un nombre sans cesse croissant de problèmes différents. Cela marchait et je pouvais dans la plupart des cas, vérifier les résultats. Les gens changeaient sans souffrir. Pour ma part, j’acquérais un nouveau style d’intervention et au vu des résultats, me reposais le problème de l’alcoolisme en d’autres termes... faisant « comme si » je ne savais rien sur le sujet (d’ailleurs, je ne savais pas grand chose, je croyais plutôt savoir...).

QUELQUES EXEMPLES DE CHANGEMENT

J’ai vu des obèses maigrir et maintenir ensuite leur poids... J’ai vu des phobiques de l’eau apprendre à nager... J’ai vu des timides se mettre à parler avec aisance... Des gens s’accommoder enfin d’un deuil qui trainait depuis des années en une heure et j’en passe...!

J’ai appris à écouter vraiment les gens et à les regarder au lieu de chercher à « interpréter » ce qu’ils disaient. J’ai appris à respecter l’équilibre interne d’une personne (son « écologie ») avant de l’aider à changer. J’ai appris à me remettre en cause au lieu de dire, avec un petit air pseudo professionnel : « il résiste » ou...« il n’est pas prêt » ou « il n’est pas motivé ». J’ai appris à travailler avec la subjectivité du patient au lieu de tenter d’ajuster les propos, le comportement, etc... du patient à une théorie quelconque.

Et au-delà de tout cela, j’ai compris que les gens portent en eux les ressources nécessaires à leur propre changement !

DECOUVRIR LE MECANISME DE LA PULSION VERS L’ALCOOL : LES PROCESSUS INTERNES

Pourtant, le lecteur l’aura compris, la PNL n’est pas une panacée. Le problème avec l’alcool ne disparaît pas en quelques minutes, ou même quelques heures, ce serait naïf de le penser. Le comportement « alcoolique » (je n’ai pas dit la personne alcoolique) est engendré par des mécanismes très précis et le phénomène est complexe. Mais un problème complexe pour lequel on n’a pas de réponse globale, ne peut-il pas être ramené à un ensemble de données plus simples pour lesquelles on dispose d’outils en PNL ?

Depuis deux ans, nous sommes allés de surprises en surprises... Je veux dire de découvertes en découvertes... Nous avons vraiment fait comme si nous ne savions rien de l’alcoolisme et nous nous sommes reposés les questions naïves de base, telles que : « que fait, très précisément et très concrètement »l’alcoolique« dans sa tête, pour SE déclencher, à son insu, l’envie irrésistible de boire », c’est à dire, « comment se déroule ce processus mental interne ? »

Nous savons aujourd’hui répondre à cette question avec une grande précision et nous savons aussi déclencher à volonté cette envie de boire ! Nous savons comment agir sur ce mécanisme afin de l’enrayer. Autrement dit, nous savons comment faire pour déclencher les effets psychotropes de l’alcool sans que le sujet ingère de l’alcool. Le livre d’ E. FRIT fait état de cette découverte et en montre l’intérêt pratique dans le chapitre concernant la PNL.

Depuis la parution de l’ouvrage, nous avons fait d’autres découvertes encore plus étonnantes : je me propose de vous les faire partager au cours des prochains numéros de la revue à partir d’exemples concrets...

ETABLIR DES MODELES CONDUISANT A UN SAVOIR FAIRE

En guise de conclusion provisoire, je dirais que l’utilisation de la PNL en Alcoologie clinique montre le phénomène de l’alcoolisme sous un jour vraiment nouveau. Le « mystère » auquel je me référais au début de cet article n’en est plus tout à fait un et les choses s’éclaircissent bon train...

Mais que l’on comprenne bien. Au Centre Alpha, nous ne sommes pas en train d’élaborer une nouvelle théorie de l’alcoolisme : nous mettons en place progressivement, un ensemble de MODELES conduisant à un savoir-faire, à une pratique.

Novembre 1991 - CENTRE ALPHA-ROYAN - MICHEL FACON

PROCHAIN N° :

  • « Les Processus mentaux à la base de la »pulsion« vers l’alcool ».
  • « Les »Outils« pour les »désenclencher" avec exemples concrets à l’appui.

GLOSSAIRE ET COMMENTAIRE PERMETTANT DE COMPRENDRE LES PRINCIPES ET NOTIONS FONDAMENTALES DE LA PNL

Passage : « Distinguer la Personne et son comportement » (2ème paragraphe) :

Il ne sait « plus » comment faire : Un des présupposés de la PNL repose sur le fait que la personne a eu dans son histoire, antérieurement la « ressource » qui lui manque dans la situation qui lui pose problème, ou qu’elle la possède dans une autre situation. Il suffit de retrouver cette ressource et de la transposer dans la situation problématique pour que s’effacent les difficultés rencontrées -ceci grâce à un procédé spécifique !

Même passage : (3ème paragraphe) :

N’a plus le choix : La notion de choix est essentielle en PNL : plus on a de choix de comportements dans une situation, plus on est « flexible », moins on est limité, cela semble une évidence ! La pratique de la PNL permet au patient de développer ses choix de comportements.

Passage du « Pourquoi » au « comment faire » : (3ème paragraphe) :

Etre efficace : la PNL est une approche essentiellement pragmatique.

Passage « La PNL comme réponse » : (1er paragraphe) :

Ancrage : Moyen utilisé pour changer une représentation d’un événement connoté par la personne comme négative, en représentation positive : l’ancrage peut être donné par un ton de voix, un geste ou un contact particuliers.

Même passage, (2ème paragraphe) :

Petite voix intérieure : représentation auditive.

Désactiver : rendre inopérant.

Passage : « Les Premiers Succès Thérapeutiques » : (4ème paragraphe) :

Elle entendait... Elle revoyait... et avait peur : Notons ici les « prédicats » (1 : auditif - 2 : visuel - 3 : kinesthésique) qui mettent en évidence les différents modes de représentation.

Passage : « Quelques exemples de changements » (paragraphes 2 ET 3) :

Ecouter, regarder : en PNL, le ton employé, l’intensité, le timbre de la voix sont pris en compte, ainsi que la posture, les gestes, sur lesquels le thérapeute peut choisir de « s’accorder » pour créer la relation.

Ecologie : toute personne agit en fonction de certaines valeurs (ou « critères »), de certaines croyances qui sous-tendent ses actes et décisions. Il convient donc pour le thérapeute de s’assurer qu’il respecte bien cette « écologie » et que son intervention thérapeutique s’y inscrive.

Ressource : notion essentielle en PNL (voir ci-dessus).

Passage : « Découvrir les mécanismes de la »pulsion vers l’alcool", (paragraphe 3) :

Processus mental : Une des grandes découvertes des fondateurs de la PNL est que toute expérience humaine donne lieu à une représentation mentale, construite sous forme d’images (V : visuel), de sons (A : auditif), de sensations (K), d’odeurs ou saveurs (O). Modifier l’ordre, l’intensité... de ces représentations modifie l’impact psychologique.

Même passage : (paragraphe 4) :

Remarque : On peut supposer que la façon de procéder pour résoudre un problème avec l’alcool pourra être adaptée à d’autres problèmes (ex : obésité, anorexie...) ou à d’autres dépendances (tabac, médicaments...).

Même passage : (dernier paragraphe) :

Modèles : La « modélisation » est un procédé fréquemment utilisé en PNL : il s’agit de prendre en compte un processus ’d’excellence". Lorsqu’une personne excelle dans un domaine (activité ou mode de comportement), il suffit d’installer cette compétence dans une autre circonstance qui lui pose problème, ou chez une autre personne.

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