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Les Présupposés de la PNL

Après la parution de mon ouvrage : « l’Alcool, toi, moi et les Autres », je peux dire que le chapitre consacré à l’utilisation de la PNL (Programmation Neurolinguistique) en alcoologie est un de ceux qui ont suscité le plus de réactions -enthousiastes ou critiques !

Pourquoi ?

Parce que la PNL s’intéresse davantage aux résultats qu’à la théorie ? Parce qu’elle introduit de nouvelles données et que les notions nouvelles demandent toujours du temps avant de se faire admettre. Parce que, grâce à cette technique, des problèmes peuvent être solutionnés avec une grande rapidité -par rapport à d’autres thérapeutiques- et cela, sans souffrance ?

Autant de réponses possibles... Toujours est-il que convaincus de l’intérêt de cette pratique, Michel FACON et moi-même avons décidé, par le support de la revue :

  • d’apporter une information précise et la plus concrète possible sur les moyens utilisés et les résultats obtenus.
  • d’ouvrir le débat sur cette pratique.

Elisabeth FRIT

Toute discipline s’appuie sur un ensemble de pensées ou d’affirmations sous-jacentes qui constituent sa philosophie de base. Ce sont en quelque sorte les fondations de l’édifice, les racines de l’action et du style de raisonnement. Il importe de bien les comprendre afin de saisir l’esprit de la PNL et son éthique.

En PNL, l’usage nomme ces affirmations sous-jacentes, des présupposés, sortes de postulats ou d’axiomes qui imprègnent toutes les interventions du praticien.

Ces présupposés n’ont pas à être démontrés ; ils sont présents au départ et viennent souvent des domaines qui ont donné naissance à la PNL. (cybernétique, linguistique, informatique...)
Il ne s’agit pas de savoir si ces présupposés sont justes ou faux, mais de les mettre à l’épreuve de la pratique pour juger de leur efficacité. Au cours de la formation des praticiens en PNL, ces présupposés finissent par s’organiser en croyances.
Ils concernent essentiellement les domaines de la communication, du langage, du comportement et du changement.

La carte n’est pas le territoire.

Je ne reviendrai pas sur ce présupposé issu de la sémantique générale, puisqu’il fera à lui seul l’objet d’un prochain article dans LA TEMPÉRANCE. Rappelons seulement qu’il implique de ne pas faire coller sa représentation du monde avec celle d’autrui. Ceci n’est pas facile pour les alcoologues en raison des préjugés personnels et socio-culturels concernant les boissons alcoolisées, l’alcoolisation (l’alcool donne des forces, réchauffe, etc.) et les théories déjà existantes sur les « personnes alcooliques » (l’alcoolique est un faible, voire un névrosé, un psychotique, un pervers..).

On ne peut pas ne pas communiquer

On ne peut guère y échapper. Voudrait-on ne pas communiquer avec autrui qu’il faudrait quand même le lui montrer d’une manière ou d’une autre, donc « communiquer » avec lui. La communication est à la fois verbale et non-verbale (gestes, intonations, regards, postures...). En PNL, nous pensons que la communication non-verbale est plus importante (93%) que la communication verbale (7%) !
Tout acte de communication entraîne une réaction chez autrui. Le praticien PNL se doit d’observer cette réaction et d’en tenir compte pour la suite des interactions.

Communiquer, c’est donc influencer

On ne peut pas ne pas influencer l’autre. Le tout est de savoir dans quel sens on veut influencer autrui. Croire qu’on peut communiquer avec autrui sans l’influencer est un leurre.
Dès le moment où l’on sait que l’on ne peut pas ne pas communiquer et par conséquent ne pas influencer, se pose le problème de l’éthique : influencer, certes, mais dans quel but ? Selon quelles normes ? Pratiquer la PNL demande une éthique rigoureuse et un respect sans faille de l’autre.

Quand on communique avec autrui, ce ne sont pas « les bonnes intentions » qui comptent mais le résultat obtenu.

Ceci a été déjà illustré par cette citation de Norbert WIENER : « Je ne comprends ce que j’ai dit que lorsqu’on m’a répondu ». La réponse d’autrui (verbale et non-verbale) est donc la signification de ce que j’ai voulu dire.

Il est donc important que j’observe l’impact de mes messages (feed-back) et que j’en tienne compte pour ajuster ma communication au modèle du monde de mon interlocuteur. Pour cela, il me faut nécessairement être flexible et adapter mon message à autrui. Si ce que je fais ne marche pas, il convient alors que je fasse autre chose pour atteindre mon objectif. En effet, si je fais toujours ce que j’ai toujours fait, j’obtiendrai toujours le même résultat.
Si ce que je fais ne marche pas, je fais autre chose. Et si je ne sais pas quoi faire d’autre, je fais n’importe quoi mais je ne continue pas à faire ce qui ne donne pas de résultat !
Si autrui ne comprend pas ce que je dis, c’est moi et moi seul qui en suis responsable, peu importe mes bonnes intentions au départ ! Dur, dur, n’est-ce pas ? Si l’autre n’a pas compris, il n’est nullement question de dire qu’il « résiste », qu’il est limité ou stupide (pour être poli !) S’il n’a pas compris, c’est que je n’ai pas su communiquer efficacement avec lui. Dans le même ordre d’idée, il n’y a pas de patients qui « résistent », mais seulement des thérapeutes qui n’ont pas (encore) su communiquer avec eux.

Le comportement d’une personne n’est pas cette personne

Il est utile de séparer clairement l’identité des comportements. Nous ne sommes pas nos comportements. Nous avons déjà rencontré cette idée lors d’articles précédents. Monsieur X n’est pas un alcoolique, mais présente un comportement d’alcoolisation. Ce n’est pas Monsieur X en tant que tel (sa nature) qui fait problème, mais son comportement (ce qu’il fait et non ce qu’il est). Il est plus acceptable de parler du comportement en le dissociant de la personne elle-même, de ce fait, elle ne se sentira pas jugée.
D’ailleurs, s’il est relativement facile d’aider une personne à changer son comportement, il est très difficile, voire impossible de changer sa nature.
Le comportement n’est pas l’identité de la personne. Il convient de distinguer ce que nous faisons de ce que nous sommes. C’est dans cet ordre d’idée que, pour moi, l’alcoolisme n’est pas une maladie, mais un comportement. (Ce n’est pas la même chose que de dire que l’alcoolisation peut conduire à des maladies : cirrhose, polynévrites... qui sont, elles, du ressort du médecin).
Bien entendu, affirmer que nous ne sommes pas nos comportements, ne signifie pas que nous ne soyons pas responsables de nos comportements...

Quand un comportement pose problème à une personne, c’est que celle-ci n’a pas su faire autre chose.

Autrement dit, ce que fait une personne reste le meilleur choix qu’elle ait pu mettre en oeuvre sur le moment, en fonction du contexte et des objectifs qu’elle veut atteindre, c’est ainsi que l’alcoolisation est le meilleur choix qu’ait pu faire la personne en difficulté avec l’alcool. En reconnaissant le comportement d’alcoolisation comme valable, sans condamner, on accepte la personne comme elle est. Le problème est devenu le comportement et la personne en elle-même est respectée. Il sera alors plus facile, non pas de supprimer ce comportement (la PNL ne supprime rien) mais de rajouter d’autres choix de comportements. Et, comme on dit en PNL, « plus on a de choix, mieux c’est ».

En PNL, le comportement d’une personne est toujours tourné vers l’adaptation au contexte. Les gens ne sont ni fous, ni « brisés », ni pervers. Ce qu’ils font est compréhensible dans leur modèle du monde même, s’il est difficilement compréhensible parfois à partir du nôtre.

Un comportement est toujours sous-tendu par une intention positive

Affirmer que le comportement d’alcoolisation est sous-tendu par des intentions positives, c’est aller à l’encontre des idées établies « d’auto-destruction » : PA n’est ni mauvais, ni pervers, il ne cherche pas à faire mal, ni au sujet lui-même, ni à son entourage. PA est positif, plein de ressources et cherche à rendre service au sujet dans les situations difficiles à gérer. Le lecteur, est, je crois, maintenant bien familiarisé avec cette idée clé. PA ne peut être blâmé pour ses intentions positives... et le comportement d’alcoolisation est alors un moyen, le meilleur moyen disponible à son répertoire (dans sa « carte du monde ») pour tenter de rendre service à la personne.
Corps et esprit font partie d’un même système et interagissent l’un sur l’autre, selon une boucle rétroactive.
L’être humain est un système, et à ce titre, on peut lui appliquer les lois de la systémique. Si l’on change quelque chose au niveau de l’esprit, cela entraîne un changement au niveau du corps et vice-versa. Ceci permet de concevoir que la procédure du recadrage en six étapes permet de traiter des symptômes psychosomatiques.
Comportement externe, processus interne et état interne sont étroitement liés. En alcoologie clinique, l’alcoolisation est le comportement externe ; aux processus internes appartiennent la stratégie d’alcoolisation et la compulsion ; l’état interne est le kinesthésique (sensations, émotions...) qui conduit à l’acte d’alcoolisation. Toute intervention à l’un de ces trois niveaux se répercute obligatoirement sur les deux autres.

Toute personne possède en elle les ressources nécessaires au changement

C’est affirmer qu’une personne peut changer c’est-à-dire qu’elle en est capable, mais aussi qu’elle dispose des moyens du changement. Pas question de prétendre que la personne est incurable, « qu’il n’y a rien à faire » ou « qu’il est trop tard »...
Les éléments nécessaires au changement sont présents, le tout est de savoir comment s’y prendre. Toute personne possède en elle les ressources nécessaires au changement. Le changement est un apprentissage.
L’exemple de changement le plus simple est peut-être celui de l’ancrage, procédé technique par lequel on peut aider le sujet à se réapproprier une émotion (k+) qui lui fait défaut dans certaines situations.

Ce que sait faire une personne, une autre personne peut apprendre à le faire

Ce présupposé est étroitement lié au précédent. Les limites n’existent pas dans le monde « réel », mais dans le modèle du monde de la personne. Le thérapeute ne change pas le monde mais l’idée que son patient se fait du monde.
Il est hautement préférable de se demander comment obtenir quelque chose que de se demander pourquoi on n’arrive pas à obtenir ce que l’on veut. Le lecteur sait déjà que la PNL met plus volontiers l’accent sur le processus, que sur le « pourquoi ».
Si un sujet préalablement étiqueté « alcoolique » a pu s’en sortir, d’autres peuvent apprendre à s’en sortir eux aussi. Il suffit pour cela de comprendre comment s’y est pris le premier et d’apprendre au second à faire la même chose. Cette démarche qui est celle du modeling, est à la base de la PNL.

En PNL, il n’y a pas d’échecs,seulement du « feed-back »

Ce que l’on nomme habituellement « échec » est à recadrer en feed-back, c’est-à-dire en occasion d’apprendre quelque chose.
Le feed-back est l’information que je reçois en retour lorsque je fais quelque chose.
Si je n’atteinds pas le but que je me suis fixé, il ne s’agit pas d’un « échec », cela signifie que j’ai quelque chose à apprendre de la situation. Par exemple, peut-être ai-je besoin de définir autrement mon objectif ou de le découper... Ce dernier ne respecte peut-être pas l’écologie et risque de me nuire, ou de nuire à d’autres personnes de mon entourage. Quoi qu’il en soit, le feed-back, lorsqu’il est négatif, m’invite à réexaminer la situation.
C’est ainsi qu’une réalcoolisation, chez une personne abstinente de toute ingestion d’alcool, n’est pas un échec. Cette réalcoolisation (certains disent encore « rechute »...) est une invitation à réexaminer la situation sous un angle différent.
IL n’y a pas non plus d’émotions positives ou négatives en PNL. Les émotions qui peuvent être agréables (K+) ou désagréables (K-), sont des signaux que nous envoie notre organisme. L’émotion est, elle aussi, un feed-back : elle nous apprend quelque chose sur nous-mêmes et nous indique ce qu’il convient de faire. Quelques exemples, courants en alcoologie clinique, le feront mieux saisir : culpabilité et honte, attachées au passé nous invitent à examiner les standards que nous avons violés et par conséquent à prendre les mesures qui s’imposent pour que cela ne se reproduise plus à l’avenir. L’ennui, lui, nous indique qu’il nous semble que nous n’avons plus d’objectifs (je ne sais plus que faire). Il convient alors de se construire des objectifs, sinon l’ennui persiste.
L’appréhension est attachée au futur et nous signale que nous sommes insuffisamment préparés pour l’action envisagée... Il n’y a pas de « bonnes » ou « mauvaises » émotions, elles sont agréables ou désagréables, mais toujours utiles.

La question de l’éthique

La PNL représente à la fois un état d’esprit, une méthodologie, une technologie de la communication et du changement, et l’étude de la structure de l’expérience subjective.
Elle est née à partir de l’étude et du modelage de personnalités connues pour leurs réussites. La PNL enseignée aujourd’hui dans les instituts de formation, ne s’adresse pas uniquement à des thérapeutes, mais aussi à des pédagogues, vendeurs, négociateurs et à toute personne intéressée par la communication efficace. C’est-à-dire que l’on n’est pas forcément psychothérapeute en étant Maître-Praticien PNL. Il n’en reste pas moins que la puissance et l’extraordinaire efficacité des outils enseignés exige une éthique sans faille. Certes, toute la philosophie de la PNL est imprégnée de notions éthiques, ne serait-ce que sur le respect de l’écologie interne et externe du sujet. Mais, là comme ailleurs, l’outil ne vaut que par celui qui l’emploie. (pensez à un outil, le marteau par exemple : il peut servir à réparer une étagère comme il peut servir à frapper quelqu’un !... L’outil n’est pas responsable.) Oui, il est possible de « manipuler » avec la PNL ; beaucoup moins sans doute que ne le supposent les détracteurs de la PNL, (qui, souvent, ne la connaissent pas d’ailleurs ou superficiellement !)
L’éthique qui sous-tend une pratique renvoie aux critères, valeurs et croyances de celui qui la met en oeuvre, et qui est ainsi placé en face de sa conscience morale. Les gens malhonnêtes existent, en PNL comme ailleurs. J’en ai même rencontré mais ils sont loin, très loin, de représenter la majorité.
La PNL, cette sorte de « physique nucléaire de l’esprit », comme le dit A. ROBBINS, est faite de respect d’autrui (on travaille sur la carte du monde d’autrui et selon ses objectifs), d’un souci de ne pas nuire, ni à autrui, ni à son entourage et suppose une intégrité à toute épreuve.
Michel FACON.

La revue LA TEMPÉRANCE a édité une suite d’articles sur PNL et Alcoologie.

Ces modèles sont appliqués au cours des séminaires « En finir avec les dépendances » (alcool, anorexie/boulimie, drogue, etc.) à LA TEMPÉRANCE

I.E.P.N.L. - LA TEMPÉRANCE

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