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La carte n’est pas le territoire

Après la parution de mon ouvrage : « l’Alcool, toi, moi et les Autres », je peux dire que le chapitre consacré à l’utilisation de la PNL (Programmation Neurolinguistique) en alcoologie est un de ceux qui ont suscité le plus de réactions -enthousiastes ou critiques !

Pourquoi ?

Parce que la PNL s’intéresse davantage aux résultats qu’à la théorie ? Parce qu’elle introduit de nouvelles données et que les notions nouvelles demandent toujours du temps avant de se faire admettre. Parce que, grâce à cette technique, des problèmes peuvent être solutionnés avec une grande rapidité -par rapport à d’autres thérapeutiques- et cela, sans souffrance ?

Autant de réponses possibles... Toujours est-il que convaincus de l’intérêt de cette pratique, Michel FACON et moi-même avons décidé, par le support de la revue :

  • d’apporter une information précise et la plus concrète possible sur les moyens utilisés et les résultats obtenus.
  • d’ouvrir le débat sur cette pratique.

Elisabeth FRIT

Cette formule d’Alfred KORSYBSKI, père de la Sémantique Générale, est une analogie destinée à nous faire comprendre pleinement que le mot n’est pas la chose nommée et qu’il ne fait que la représenter.
C’est ainsi que le mot « chien » ne mord pas... que le mot « rose » n’a pas d’épine... ou qu’au restaurant nous ne mangeons pas le menu mais le contenu de notre assiette. Nous pouvons nous promener dans un village, mais nous ne pouvons pas nous promener sur le plan du village. Le plan peut nous servir à nous orienter, s’il est bien fait ; il ne représente pas le village dans son caractère de totalité concrète. Avez-vous déjà pensé que si le plan devait représenter très exactement la totalité du village, en grandeur nature, cela reviendrait à construire un second village, identique au premier ? Alors le plan ne serait plus un plan.
« La carte n’est pas le territoire. La représentation n’est pas la chose qu’elle représente. »
Représentation et chose représentée sont sur deux niveaux logiques différents.
Tout comme la carte n’est pas le territoire, l’image que nous nous faisons du monde « réel » n’est pas le monde « réel ». Avec nos organes des sens et notre cerveau nous construisons nos cartes mentales du monde (extérieur et intérieur).
Les cartes nous aident à nous orienter dans le monde « réel » des événements, perceptions, sentiments...
C’est l’ensemble de ces cartes mentales que nous nommons en PNL : Modèle du Monde (ou Vision du monde).

Chaque modèle du monde est unique

Cette idée d’un monde réel inaccessible en totalité n’est pas nouvelle, mais elle conduit directement aux remarques suivantes :

  • Il y a une différence irréductible entre le monde « réel » et les modèles que nous en construisons avec notre système nerveux.
  • Chacun d’entre nous se construit un Modèle du Monde et celui-ci est différent de celui des autres êtres humains. Le dicton ne dit-il pas que « chacun voit midi à sa porte ? » Chaque Modèle du Monde est unique, autant que le sont nos empreintes digitales.
  • Chacun de nous étant unique en son genre, mérite à ce titre le respect de tous. Communiquer avec autrui, c’est lui exprimer notre Modèle du Monde ; c’est aussi écouter ce qu’autrui exprime à partir du sien. Au fond, communiquer c’est mettre en commun des portions de nos Modèles de monde en vue d’un partage et d’un enrichissement mutuel.
  • Communiquer ne peut se faire qu’à partir des Modèles du Monde de chaque interlocuteur. Communiquer est un processus ; s’il aboutit parfois à un accord entre les interlocuteurs cela ne signifie pas que ceux-ci ont atteint la « Vérité », mais simplement qu’ils partagent le même point de vue sur le sujet discuté ;
  • Communiquer c’est enrichir son Modèle du Monde au contact de l’autre. Cela ne veut pas forcément dire renoncer à ses idées, mais ajouter d’autres idées à celles que nous avons déjà. En effet, plus nous avons de cartes mentales, mieux cela vaut : cela nous rend plus « flexibles » dans nos comportements. N’est-il pas préférable d’avoir plusieurs cordes à son arc ?
  • Une carte mentale n’est ni « bonne », ni « mauvaise » en soi. Elle permet seulement de repérer plus ou moins les informations à partir desquelles nous allons agir. Nos cartes mentales sont à la base de nos comportements. Plus elles sont riches, plus nos comportements sont adaptés aux circonstances du moment. (flexibilité).
  • Une carte mentale utile dans un contexte peut évidemment s’avérer limitante dans un autre contexte. En PNL, il est indiqué de se demander : « est-ce-que ma carte mentale est adaptée à ce que je veux faire ? »
    En tant que lecteur, vous penserez certainement que tout cela est évident... et vous avez raison. Pourtant... l’observation quotidienne révèle que dans bon nombre de cas, les gens se conduisent sans en tenir compte.
    Certains se comportent même comme si leur Modèle du Monde était la seule Vérité possible. C’est parfois amusant, parfois irritant et quelquefois tragique...
    Nos cartes mentales sont tout à la fois utiles et limitantes en fonction du contexte dans lequel nous les évaluons et de l’objectif que nous voulons atteindre.

Un grand modélisateur : le cerveau.

De la naissance à la mort, notre cerveau construit sans cesse des modèles. Ce processus de modélisation se fait en premier lieu par l’intermédiaire de nos organes des sens. Nous voyons, entendons, sentons, ressentons et goûtons. Cette expérience immédiate au contact du monde « réel » est codée en termes de modalités sensorielles : V.A.K.O. et G.
Ici aussi, la carte n’est pas le territoire ! Ce codage ne fait que représenter le monde « réel ». Il y a un premier décalage, obligé, entre monde « réel » et expérience sensorielle codée : ceux-ci sont sur des niveaux logiques différents. (voir schéma)
S’il n’y avait que cette représentation du monde réel, l’être humain ne pourrait pas communiquer avec son semblable. (ce « semblable » qui n’a pas le même Modèle du Monde !). En effet, à moins d’être télépathe, il n’est pas possible de transmettre directement notre expérience sensorielle à autrui...
Pour transmettre son expérience sensorielle, l’homme fait appel à un autre système de codage très sophistiqué : le langage.
Comme chacun peut le comprendre, le langage est un codage qui s’applique à un autre codage, les représentations sensorielles VAKOG. On dit que le langage est un méta-codage ou un méta-modèle. (voir schéma).
Les mots représentant les modalités sensorielles, il est aisé de concevoir que nous entendons, dans le discours d’une personne, les mots « visuels » (ex : lumineux, clair, perspective, imaginer etc...) « auditifs » (ex : c’est clair, j’entends bien, ça me parle etc...) « kinesthésiques » (ex : c’est lourd à supporter ; pesant, contact etc...). Les mots employés qui ne se réfèrent pas à une modalité sensorielle sont dits ’« spécifiques » (comprendre, blesser, punir...). En écoutant attentivement les mots employés par une personne, il est possible de se faire une idée du processus sensoriel sous-jacent et d’adapter son vocabulaire à celui de cette personne.
Ex : « Peux-tu me contacter à cette date ? » : K.
« Peut-on se voir à cette date ? » : V.
« Peut-on reparler de cela à cette date ? » : A.

Pour quelles raisons notre Modèle du Monde est-il différent du monde « réel » ?

Il y a à cela trois types de raisons que nous allons résumer ci-dessous :

  • La première raison tient à la configuration et au fonctionnement de notre système nerveux. Organes des sens et cerveau ont une structure propre et nos perceptions dépendent étroitement de cette structure. C’est ainsi que l’ouïe n’est sensible qu’à certaines longueurs d’onde comprises entre 380 et 680 millimicrons. Ceci n’empêche pas les autres longueurs d’onde d’exister dans le monde « réel ».
    Notre capacité visuelle est donc limitée. Il en est de même pour chacun de nos organes des sens. Notre cerveau ne capte qu’une partie seulement de la réalité physique qui nous entoure à chaque instant.
    Notre cerveau sélectionne des données dans le monde environnant, mais il a aussi sa manière particulière d’organiser ces données. C’est ainsi, pour ne citer qu’un exemple, qu’il nous donne l’impression que les rails du chemin de fer convergent dans le lointain alors que nous savons bien qu’ils restent parallèles.

Ces limitations, pour causes neurologiques, sont communes à l’ensemble de l’espèce humaine.

  • Notre Modèle du Monde est également limité en raison de notre appartenance à un groupe social, une communauté culturelle. Le groupe exerce sur nous des influences évidentes et nous impose des croyances, des valeurs, des critères. Ces influences ne sont pas toujours très conscientes mais apparaissent mieux lorsque nous séjournons quelques temps à l’étranger.

La notion de retard, par exemple, varie beaucoup selon les habitudes nationales (et même régionales). Pour une invitation à dîner, un retard est une impolitesse, voire une injure à partir d’une heure en France, 30 à 40 minutes aux USA et... plusieurs jours au Maroc !
La langue dans laquelle nous nous exprimons, filtre également nos perceptions, chaque langue « découpant » le monde « réel » d’une manière différente. Il est classique de citer à ce sujet le cas des Eskimos qui possèdent une quarantaine de mots différents là où nous n’utilisons qu’un seul mot : « neige ». Ceci les conduit tout naturellement à distinguer des « neiges » différentes là où nous n’en voyons qu’une !

Plus la langue est riche en vocabulaire dans un domaine particulier, plus les humains qui la parlent perçoivent la distinction dans le domaine.

  • Notre Modèle du Monde est également très influencé par notre histoire personnelle, c’est-à-dire par tout ce que nous avons vécu jusqu’ici (et aussi par ce que nous anticipons !).
    Comme aucun d’entre nous n’a vécu les mêmes choses que les autres, aucun modèle du monde ne peut être identique à celui d’une autre personne.

En pratique...

Lorsqu’une personne rencontre une difficulté dans sa vie, le praticien PNL cherche avant tout à comprendre comment fait celle-ci pour entretenir son problème. Au fond, il cherche à saisir en quoi la carte mentale du sujet est limitante pour atteindre l’objectif voulu dans un contexte donné. Les questions que pose le praticien sont orientées pour obtenir ce type d’informations. Et non pour savoir pourquoi cette personne rencontre un problème. Discipline concernant la structure de la subjectivité, la PNL ne prétend pas à... l’objectivité scientifique. Elle prétend par contre à l’efficacité.
Pour la PNL, une personne en difficulté avec l’alcool n’est ni « névrosée », ni psychotique« ou »perverse« . La PNL ne travaille pas à poser des étiquettes, mais à aider la personne à définir ses objectifs et à les atteindre. Je pense pour ma part qu’un »alcoolique" qui s’adresse à un thérapeute veut trouver une solution à son problème. Il ne cherche pas à obtenir une explication ou une interprétation à ses difficultés.
Il n’est pas nécessaire de postuler un quelconque « instinct destructeur » quel que soit le nom qu’on lui donne, pour tenter d’expliquer le comportement d’alcoolisation incontrôlable. Je ne crois pas qu’un « alcoolique » cherche à se détruire, mais à vivre, ou mieux à survivre. Compte tenu de son Modèle du Monde, l’alcoolisation est le meilleur moyen qu’il ait trouvé pour faire face à certaines situations de la vie quotidienne. En ce sens, les alcoolisations ne sont pas un problème pour « l’alcoolique », mais une solution. C’est, bien sûr, une solution qui engendre des problèmes pour le sujet lui-même et pour son entourage (alcoologues inclus !). Solution de survie, l’alcoolisation est une solution individuelle : c’est en ce sens qu’il convient d’aider le sujet à respecter sa « partie alcoolique ».
En simplifiant à peine, on peut dire que la personne en difficulté avec l’alcool possède deux Modèles du Monde. Nous les avons baptisés PA et PS. Le rapport et la relation de confiance doivent être obtenus autant avec PA qu’avec PS. Nous pouvons maintenant dire que lorsque PS est confronté à une difficulté, c’est PA qui prend la relève et assure la survie du sujet.
La dissociation séquentielle doit être conçue d’abord comme un mécanisme de survie mis en place par la personne elle-même, sans doute au cours de l’enfance (mais pas forcément.), c’est-à-dire bien avant qu’il ne soit question d’alcoolisation. C’est un sujet que nous aborderons dans un prochain article.
Michel FACON

La revue LA TEMPÉRANCE a édité une suite d’articles sur PNL et Alcoologie.

Ces modèles sont appliqués au cours des séminaires « En finir avec les dépendances » (alcool, anorexie/boulimie, drogue, etc.) à LA TEMPÉRANCE

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