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Transformation des Emotions Conflictuelles

« L’ego est la racine de tous les problèmes, tel est l’enseignement pour éliminer définitivement l’égocentrisme. Autrui est la source de toutes les qualités, tel est l’enseignement pour accepter totalement les autres ».

Le Bouddha

D’où proviennent les modes répétitifs de comportements négatifs ?

Selon l’enseignement bouddhique, notre vie actuelle a son origine dans une vie antérieure. Cette vie antérieure vient d’une vie encore antérieure et ainsi de suite. Durant notre vie actuelle, nous pouvons ressentir de la douleur physique et de la souffrance mentale, ou du bonheur et de la félicité. Ces expériences peuvent provenir de nos actes dans les vies précédentes.
Certaines personnes éprouvent beaucoup de désir ou de colère, tempérament qui peut découler de la force des tendances du passé. Si nous nous étions habitués à ces émotions, elles deviennent alors de plus en plus fortes, entraînant beaucoup de tendances d’attraction et de répulsion, durant notre existence. Si nous étions accoutumés à éprouver beaucoup d’attachement dans la vie précédente, nous en éprouverons aussi beaucoup dans notre vie actuelle. Il en est de même pour l’aversion, l’ignorance, l’orgueil et la jalousie. Nous pouvons, au contraire, remédier à cela en purifiant nos défauts.

Si nous éprouvons beaucoup de désir et d’attachement pour les personnes, ou pour les choses, un moyen d’y remédier est la méditation sur l’impermanence. En considérant l’objet d’attachement comme n’étant ni solide, ni permanent, l’attraction diminuera d’autant.

A ce sujet, comme le répétait souvent mon guide spirituel : « Quand il n’y a plus d’attachement, où est la souffrance ? ».

Si nous éprouvons beaucoup d’aversion, pour l’éliminer, il est bien de méditer sur l’amour et la compassion. La colère consiste à vouloir nuire à autrui. Au lieu de ce sentiment, méditons en nous considérant à l’image de tous les êtres. D’habitude, si nous ressentons la moindre douleur, nous la considérons comme étant indésirable ; et si nous éprouvons le moindre plaisir, il est désirable. Dans cette méditation, nous pensons que tous les êtres réagissent comme nous-mêmes ; ils n’aiment pas la souffrance et recherchent le bien-être. En réfléchissant à cette similitude, nous engendrerons de l’amour et de la compassion pour les autres et nous ne souhaiterons plus leur nuire ni les faire souffrir, ce qui diminuera notre colère.

Par exemple, à la mort de Mao, le peuple tibétain s’est certainement réjoui à cause de tous les malheurs qu’il lui avait infligé. Cependant, les grands lamas tibétains demandèrent aux moines et aux moniales de prier pour son âme pendant trois jours.

L’ignorance est toujours présente avec les autres facteurs mentaux. Étant dans l’ignorance, on ne distingue pas ce qui est bon de ce qui est nuisible. Lorsque les différents poisons de l’esprit apparaissent, leur nature vide n’est pas comprise. Ils restent donc toujours présents et ne sont pas distincts de l’ignorance elle-même. Par l’écoute et la réflexion des enseignements du Dharma, l’ignorance est progressivement éliminée. La contemplation sur la nature interdépendante de tous les phénomènes est aussi un remède à l’ignorance. Ainsi, quelqu’un habitué à entretenir des pensées positives s’exercera naturellement à accomplir des actes positifs, ce qui aura pour résultat des conséquences bénéfiques ; et inversement, pour les pensées négatives.

Toutefois, les personnes qui pratiquent l’avortement et l’euthanasie, bien que leur motivation semble bonne, accumulent un karma négatif par ignorance de la loi karmique.

Finalement, l’orgueil et la jalousie coupent toute véritable communication avec les autres. Le fait de se sentir soit supérieur, soit inférieur à autrui a pour effet de créer une tension névrotique en notre esprit. Afin de développer l’humilité et le contentement, appliquons les paroles de Shantidéva : « Si je n’échange pas totalement mon bien-être avec les souffrances d’autrui, je ne réaliserai pas l’état d’éveil ultime ; et dans le cycle des existences, il n’y a point d’autre bonheur. »