L’alliance magique du mental et de l’intuition.

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La sagesse

Un boddhisatva qui aurait acquis toutes les vertus de perfection : la générosité, la conduite éthique, la patience, la persévérance et la méditation, à l’exception de la sagesse, ne pourrait pas atteindre l’omniscience.

Par contre, lorsque celles-ci ont pour base la connaissance transcendante, elles conduisent toutes à la bouddhéïté.

Il y a trois formes de sagesse

La première est la connaissance mondaine qui vise au bien de l’humanité : la médecine, l’astrologie, la linguistique, les arts et les artisanats, ainsi que toutes les sciences traditionnelles.

La deuxième est la réalisation de la non-existence de l’ego en l’individu. Elle consiste à reconnaître que tous les constituants psycho-physiques de notre être sont impurs, douloureux, éphémères et dépourvus d’entité.

La troisième est la réalisation de l’absence de réalité en tous les phénomènes, quels qu’ils soient. Elle consiste à reconnaître que toute la manifestation phénoménale est, par nature, vacuité, sans fondement ni cause.

Dans les soutras, il est écrit :
« Méditer sur la connaissance transcendante, c’est ne méditer sur rien ; c’est-à-dire qu’il n’y a pas un sujet qui médite ni un objet de méditation. Tous les phénomènes sont semblables à l’espace, en ce sens qu’ils n’ont aucune caractéristique et sont absolument purs et lumineux depuis l’origine. Les sages qui se détournent de tout désir, ne placent leur esprit nulle part et ne s’attachent plus à rien ».

Quelqu’un qui a développé la sagesse est attentif à effectuer le bien d’autrui et de moins en moins sujet aux émotions négatives. Il éprouve de la compassion pour les autres, s’adonne assidûment à la pratique spirituelle, renonce à toute distraction inutile et ne s’attache plus aux choses de cette vie.
La boudddhéïté n’est pas un état que l’on obtiendrait d’une entité extérieure : elle existe déjà en nous intrinsèquement.

Parce que l’on ne comprend pas la véritable nature de notre esprit, on est dans l’illusion, croyant en ce qui est sans réalité au niveau ultime. Une fois réalisée la compréhension de cet état originel, on se libère du cycle de l’existence (Samsara). Pour y parvenir, on commence par analyser les phénomènes au moyen du raisonnement. Mais même si on a acquis cette compréhension, il est nécessaire de faire l’expérience de cette vérité ultime afin d’atteindre l’état d’éveil (Nirvana).

Tilopa, un grand yogi indien du passé, disait :
« Où se trouve l’huile de sésame ? Elle est potentiellement dans les graines de sésame ; mais pour l’obtenir, il ne suffit pas de manger les graines : il faut les battre, les moudre, etc. Il en est de même pour obtenir l’état de Bouddha. Il est en chacun de nous, mais pour le réaliser, il faut s’exercer à la pratique spirituelle. »

Afin d’atteindre la béatitude, il est nécessaire de recevoir les enseignements du Dharma, d’y réfléchir et de les mettre en application. Ainsi, l’illusion des phénomènes s’éliminera progressivement et la vraie nature de l’esprit deviendra manifeste.