L’alliance magique du mental et de l’intuition.

Accueil > Psychopathologie > Bouddhisme > La Patience

La Patience

« Il n’y a pas de négativité qui soit pire que la haine et il n’y a pas d’ascèse qui soit meilleure que la patience. Pour cette raison, il faut sans cesse cultiver toute forme de patience »

BOUDDHA

Aussi généreux que l’on puisse être et même si l’on observe une bonne conduite éthique, sans la vertu de la patience on peut toujours être sous l’emprise de la haine. Or un accès de grande colère peut anéantir en un instant tout le mérite acquis pendant des temps infinis.

Sans la patience, l’aversion s’enfonce en nous comme une flèche empoisonnée et la douleur qui nous transperce l’esprit ne nous permet plus de connaître la paix, la joie et le bien-être. Étant malheureux, nous finissons même par en perdre le sommeil et les difficultés surviennent.

La patience consiste à rester imperturbable en toute circonstance, sans vouloir réduire à néant toutes les formes d’adversité qui nous échoient. C’est un état d’esprit qui ne cherche pas à critiquer, comparer, juger, ou toujours saisir les situations liées aux émotions telles que la haine, la colère, la rancune, le ressentiment, le jalousie, etc.

On distingue trois formes de patience :

  • La première est de ne pas prêter attention au mal que nous font les autres. C’est la capacité de supporter les coups, les invectives, les colères, les critiques, les abus et les interférences que les personnes nous infligent.
  • La seconde est d’accepter la souffrance que l’on subit, surtout si elle est inéluctable. C’est faire face avec courage à tous les maux que l’on expérimente en général dans l’existence tels que la maladie, la vieillesse et la mort, et en particulier à toutes les épreuves que l’on rencontre le long de notre cheminement spirituel. L’attitude de celui qui est capable d’accepter toutes les souffrances en relation avec la pratique spirituelle le conduit à la victoire contre le samsara et à celle sur l’ennemi intérieur qui est l’ego. Il est véritablement un grand héros. A l’opposé, celui qui détruit ses ennemis extérieurs, c’est-à-dire ses semblables, est vraiment misérable et ce processus de destruction est sans fin.
  • La troisième est l’aspiration à reconnaître la vérité ultime, qui est la compréhension de l’absence de réalité du soi et des phénomènes, sans peur ni doute.

L’essentiel de la patience, c’est l’attitude d’esprit qui ne cherche pas à nuire à autrui et qui est dépourvue d’agressivité. Mais, il faut bien comprendre que la non-violence ne signifie pas la passivité ; par exemple, le Dalaï Lama et Gandhi, ont été très actifs dans leur action pour la paix et avec beaucoup de tolérance. Jadis, les moines chinois du monastère de « Shaoling » avaient créé les arts martiaux afin de se défendre contre les envahisseurs et les brigands, mais avec amour et compassion.

Avoir de la patience signifie que l’on respecte fondamentalement les êtres parce que l’on sait que c’est grâce à eux et aux obstacles qu’ils nous créent, que l’on arrive à progresser spirituellement, à dominer notre égoïsme et à développer une attitude plus ouverte et plus souple.

La patience que l’on doit avoir envers le comportement négatif d’autrui repose sur la compréhension de la situation comme étant le résultat d’un acte erroné, commis de notre part, dans le passé. Cela devient une opportunité offerte par quelqu’un afin de purifier un karma antérieur et celui-ci devient alors comme un allié qui fait preuve de beaucoup de bienveillance à notre égard. A un niveau plus élevé, il peut même devenir une source de joie et de bonheur.

Dans le monde, la patience procure la beauté, la santé, la célébrité, une longue vie et un bonheur illimité. Ultimement, elle mène à l’éveil insurpassable.