L’alliance magique du mental et de l’intuition.

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L’attitude altruiste envers ses semblables

« J’offre le profit et la victoire à ces maîtres que sont les autres ; j’embrasse la perte et la défaite. »

SHANTIDEVA

I.L’égalité de soi et des autres

Tous les êtres, quels qu’ils soient, veulent être heureux et ne plus être malheureux. Pensant en termes de « moi-je », ils conçoivent les autres comme étant séparés d’eux-mêmes.

S’il est vrai qu’au niveau relatif tous les êtres sont différents les uns des autres, au niveau ultime, la notion de soi et d’autrui n’a aucune réalité. Quand la non-existence de l’ego est réalisée, la conception de quelqu’un d’autre disparaît automatiquement car les deux sont en relation réciproque. La qualité spacieuse de l’absence d’égocentrisme étant reconnue, il n’est plus possible, alors, d’effectuer une différence entre soi et autrui. Dès lors, s’élève l’attitude altruiste de protéger les êtres autant que soi-même et de résoudre leurs problèmes comme s’ils étaient les nôtres.

Même si la souffrance d’autrui ne retombe pas directement sur nous, étant engagés sur le chemin spirituel qui considère les autres comme égaux à soi-même, leurs malheurs sont aussi les nôtres.

L’exemple le plus évident est celui d’une mère qui préfèrerait plutôt mourir que de voir son enfant unique périr d’une maladie ou d’un accident. S’identifiant à lui, la peine qu’il endure lui est intolérable.
C’est ainsi que les êtres hautement évolués considèrent tous les êtres comme s’ils étaient leur propre progéniture car la moindre misère d’autrui leur est insupportable.

II.L’échange de soi avec les autres

- Contrecarrer l’orgueil

Afin de contrecarrer notre orgueil, il faut nous mettre à la place de quelqu’un qui est dans une position inférieure à soi et qui développe un sentiment de jalousie ou d’envie (envers nous). En considérant toute la souffrance qui résulte du fait d’être subalterne, on peut mieux comprendre combien c’est un tort d’être arrogant et méprisant envers autrui. N’est-ce pas une grande frustration que de se sentir une personne défavorisée par la vie et démunie de tout ? Au lieu d’éprouver un sentiment de supériorité envers les autres, nous devrions nous comporter avec humilité en leur prodiguant tout ce dont ils ont besoin pour vivre et être heureux.

- Contrecarrer l’esprit de rivalité

Afin de contrecarrer notre esprit de rivalité, il faut nous mettre à la place de quelqu’un qui est dans la même position que nous et qui a un sentiment de revanche ou de compétition (envers nous). N’est-ce pas une grande perte d’énergie que de toujours vouloir rivaliser avec quelqu’un en passant son temps à le critiquer et à le rabaisser ? Au lieu de constamment vanter nos qualités et cacher nos défauts, nous devrions toujours aider et honorer ceux que l’on considère comme étant des rivaux.

- Contrecarrer la jalousie

Afin de contrecarrer notre jalousie, il est nécessaire de nous mettre à la place de quelqu’un qui est plus élevé que nous, socialement ou moralement, et qui développe un sentiment d’orgueil ou de condescendance (envers nous). De ce point de vue là, nous nous apercevons que nous sommes peut-être moins capables et méritoires que cette personne (sinon nous serions à sa place), cela nous amène à éliminer notre jalousie.

N’est-ce pas à cause de cette intense avidité que nous transmigrons sans cesse dans le cercle de l’existence, depuis un temps infini ? Au contraire, servons de bon gré ceux qui nous sont supérieurs, avec contentement et sans ressentiment.

En conclusion, dès que nous engendrons la moindre qualité, l’égoïsme se manifeste en notre esprit, minant toute notre intégrité. C’est pour cette raison qu’il est recommandé d’examiner ces deux réflexions dans les textes tibétains.