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Les stratégies de décision

Cet article s’appuie sur notre expérience du traitement de l’alcoolisme. Cependant, l’approche que nous décrivons ici peut s’appliquer également aux autres dépendances : la toxicomanie, l’abus de médicaments, le tabagisme, etc.

Lignes du temps et prise de décision

En 1993, nous avons mis en place le séminaire de 5 jours « En Finir avec l’Alcool » pour les personnes alcooliques en utilisant notre savoir-faire en P.N.L. ainsi que notre expérience en Gestalt Thérapie.

Nous avons, dès les premiers séminaires, utilisé le « recadrage des états dissociés » décrit dans le chapitre 6 de Reframing(1) de Bandler et Grinder. Nous utilisions alors le processus de la manière suivante :

1. Mettre en évidence les 2 parties dissociées : la partie alcoolique (PA) et la partie sobre (PS).

2. Ancrer solidement chacune des deux parties et faire une désactivation d’ancres (collapse).

3. Effectuer un recadrage en 6 étapes sur la nouvelle partie résultant de l’étape précédente (PA+PS).

(A l’étape 2 nous utilisions aussi la technique du Squash Visuel).

La plupart du temps, nous obtenions des résultats. Cependant, il nous sembla important d’approfondir les stratégies de décision des personnes alcooliques. En d’autres termes « Que font-elles dans leur tête pour »décider« d’aller boire un verre ? »

Leur stratégie est généralement très simple :

1. Elles voient une image d’elles-mêmes en train de boire et étant « gaies »

2. Elles s’associent dans l’image.

3. Un processus de compulsion se déclenche alors.

En considérant que les alcooliques avaient ces deux parties d’eux-mêmes fortement dissociées (partie alcoolique (PA) et partie sobre (PS)), nous pouvions dire :

1. Ils voient une image attractive de leur partie alcoolique (PA).

2. Pour s’associer dans l’image, ils doivent littéralement sauter dedans.

3. La compulsion débute lorsqu’ils sont associés dans leur partie alcoolique.

4. Le processus de dépendance peut être considéré comme le moyen pour rester le plus longtemps possible dans cette partie d’eux-mêmes que nous appelons la partie alcoolique. Selon le degré de dépendance, ils peuvent, soit alterner des périodes de vie dans l’une et l’autre des deux parties, soit rester dans leur partie dépendante et « oublier » leur partie sobre.

5. Généralement, cette stratégie de décision n’est pas seulement utilisée pour décider de boire ou non, mais elle est aussi utilisée dans une grande variété de situations touchant des domaines différents de la vie courante.

Lignes du Temps de la Stratégie de Décision.

ligne du temps
ligne du temps
ligne du temps

Lors d’un séminaire, alors que nous étions en train de mettre en évidence les stratégies de décision employées, il nous vint l’idée d’apprendre aux participants à utiliser différentes configurations de Lignes du Temps lorsqu’ils devaient prendre des décisions.

Nous découpâmes le processus de décision en 3 étapes :

1. Considérer la décision à prendre.

2. Évaluer la décision.

3. Prendre la décision et faire le nécessaire pour atteindre l’objectif.

Pour chaque étape, nous apprîmes aux participants à utiliser une Ligne du Temps différente :

1. Être dissociés du temps en regardant leur ligne du temps placée devant eux, en étant capables de voir les conséquences futures de leur décision

2. Être pleinement associés au présent, leur ligne du temps en forme de V devant eux, le passé à leur gauche et le futur à leur droite, tout en étant capables de voir les conséquences plus distinctement et de juger de la validité de leur futur en le comparant à des événements similaires du passé.

3. Déplacer leur ligne du temps en mettant le passé derrière eux, le futur devant et être alors capables de se motiver pour agir.

L’installation de cette nouvelle stratégie de décision s’avéra satisfaisante avec plusieurs patients.

Richard Bandler, considérant que les alcooliques prennent généralement leurs décisions d’une manière qui les conduit à reboire(2), enseigne qu’il est indispensable de détruire l’ancienne stratégie de décision et il nous apprit à le faire.

Une métaphore neurologique.

Nous pourrions aussi considérer tout ce qui précède d’une toute autre façon. Nous pourrions dire que les alcooliques ont leurs neurones connectés de telle manière que l’information véhiculée par un certain type de stimulus est traitée très rapidement par un « circuit neurologique » spécifique, à la fois très efficace, très expérimenté et très puissant, qui conduit et pousse ces personnes à s’alcooliser.

C’est pourquoi, même si nous enseignons d’autres stratégies de décision à une personne alcoolique, l’ancienne stratégie, si puissante, est toujours là. En d’autres termes, même si nous « assemblons » un nouveau circuit de neurones et que nous l’« entraînons » à exécuter la nouvelle stratégie, l’ancien réseau de neurones est toujours là, prêt à fonctionner, bien plus puissant, plus entraîné, plus efficace et plus rapide (d’autant plus rapide que l’ancienne stratégie est particulièrement courte). En conséquence, il y a de fortes chances pour que cette ancienne stratégie de décision refasse son apparition, particulièrement dans les situations « critiques », quand une réaction rapide est nécessaire.

La plupart du temps, la personne a passé une bonne partie de sa vie à « entraîner » ses neurones pour déclencher une compulsion particulièrement puissante. Aussi, la mise « hors service » de l’ancien réseau de neurones devient la seule solution pour éviter à la personne de retomber dans sa dépendance si quelque chose vient réactiver le vieux schéma de décision. En fait, le réseau de neurones ne sera pas détruit mais contourné : nous allons simplement faire en sorte que la personne s’éloigne de l’ancien schéma au lieu de revenir vers cet ancien schéma.

La stratégie de décision type des personnes dépendantes.

Comme nous l’ont enseigné Richard Bandler et Michael Breen et comme nous l’avions déjà remarqué, les personnes dépendantes prennent leur décision en visualisant une image dissociée d’elles-mêmes. Cette image est presque toujours une image fixe. C’est une image qui invite la personne à boire.

Comme nous l’avons dit plus haut, juste après avoir visualisé cette image, la personne saute dedans et déclenche la compulsion. Elle peut se dire quelque chose du style : « C’est super ! » ou « Ahhh, enfin ! ».

La stratégie est facile, rapide, commode, efficace et peut apporter un soulagement immédiat. C’est aussi pourquoi nous ne pouvons pas seulement nous fier à une « meilleure » stratégie de décision. Le point crucial est d’empêcher le patient de reprendre son ancienne stratégie de décision.

Cette image visualisée ne comporte aucune information sur les conséquences d’une telle compulsion. Aussi, la seule solution est de « forcer » la personne à se représenter les conséquences de sa décision.
Construire des images et en faire un film.

Maintenant, nous devons poser toutes sortes de questions au patient afin de l’amener à fabriquer des images internes de ce qui pourrait arriver, étape par étape, s’il devait continuer à boire. Le thérapeute doit s’assurer que le patient reste dissocié de ces images. Nous devons rassembler toutes ces images des conséquences futures jusqu’à parvenir à la toute dernière, nécessairement dramatique, que ce soit la prison, la mort, le divorce, la maladie mentale ou autre. Cette image doit être la dernière de toute la série.

Dès que nous avons la séquence complète d’images, nous demandons au patient de les assembler dans le bon ordre afin d’en faire un film.

Associer le patient dans le film.

C’est la dernière étape. Elle doit être réalisée soigneusement avec un rythme soutenu. Le patient doit être guidé en permanence sans le moindre temps mort.

Vous demandez maintenant au patient de passer le film devant lui en vous assurant qu’il reste dissocié jusqu’à la dernière image. Dès que la pellicule stoppe sur la dernière image, dites à la personne de sauter dedans, dans cette horrible dernière image et, en le maintenant associé dans cette situation, demandez-lui simplement : « C’est vraiment ça que tu veux ? »

A cet instant précis, vous devez obtenir une réaction très vive, à la fois verbale : « Oh ! Non ! Non ! Pas ça ! » et non verbale : calibrez !

Si vous lui demandez comment il se sent, il devrait vous dire qu’il se sent particulièrement angoissé et qu’il ne peut pas rester comme çà, il vous dira probablement qu’il a besoin de quelque chose d’autre. Richard Bandler dit que vous devez véritablement « terroriser » votre client.

C’est donc le moment d’installer quelque chose de nouveau, il est temps de demander au patient ce qu’il désire vraiment dans sa vie. Il est temps de réaliser le changement, il est temps d’installer de nouvelles stratégies. Nous sommes convaincus qu’à ce moment-là nous pouvons utiliser à peu près n’importe quelle technique de changement, que ce soit l’hypnose, la PNL ou « Transformation Essentielle ». Cette dernière méthode marchera, particulièrement avec ceux qui « résistent ». A cet instant, le patient a vraiment besoin de quelque chose de nouveau. C’est pourquoi, vous devez, sans attendre, l’aider à acquérir de nouvelles capacités, importantes pour lui, autrement il pourrait apprendre à devenir dépendant d’autre chose !!
Conclusion.

Tout ce processus peut se ramener à : comment installer une phobie associée à « tiens, si on allait boire un coup ». En d’autres termes, nous pourrions dire que le patient a développé une phobie à un ensemble particulier de neurones. Il n’utilisera plus son ancienne stratégie de décision. Selon l’étendue du champ d’action de cette stratégie, vous aurez à en installer, immédiatement, au moins une nouvelle. Vous pourriez décider d’installer une stratégie du type de celle décrite au début de l’article ou bien vous pourriez en concevoir une sur mesure. Le domaine particulier de la conception et de l’installation de nouvelles stratégies est bien trop vaste pour que nous puissions faire plus que simplement l’évoquer ici.

Nous avons, bien entendu, testé les techniques décrites dans cet article et « ça marche ». Nous les utilisons maintenant depuis de nombreux mois. Nous pensons que n’importe quel thérapeute bien formé peut les utiliser avec succès. Bien entendu, il y a d’autres choses à considérer pour accompagner une personne dépendante vers sa guérison, en particulier sa capacité à se créer un futur, à visualiser une image désirée d’elle-même attirante, à satisfaire ses besoins essentiels, etc*. Néanmoins, nous pensons que cette étape sur « Les Stratégies de Décision » est l’une des plus importantes et que dans la majorité des cas, elle conditionne bien souvent la réussite de la Thérapie.