L’alliance magique du mental et de l’intuition.

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L’alchimie qui s’opère en moi

J’ai rendez-vous avec Élisabeth mardi et mercredi pour ce que j’appelle un décapage radical. Je ne la connais pas mais, depuis août 2000, j’entends parler d’elle et de La Tempérance, en bien évidemment !... Je sais que ce que je dis être « mon » problème de boulimie vieux de deux ans, touche à sa fin. Élisabeth sait y faire avec les dépendances ! Elle va lui tordre le cou, d’un coup de baguette magique ! (PNL oblige !...).

Lundi matin, 29 octobre, préparation au départ :
Toujours aussi difficile pour moi de partir ! La maison doit être propre et rangée (si j’y revenais morte, les gens pourraient dire du bien de moi !).
La valise est grande et pleine (et s’il fait froid ? Et s’il pleut ?... et s’il n’y a pas de chauffage ?... et si je fais une tache sur ce pantalon ?... et si ?... et si ???)
Le panier à provisions pour trois jours (et si j’ai envie de manger du cru ou du cuit ?... et si j’ai envie de manger du chaud ou du froid ?...et si j’ai envie de boire chaud : du thé, des tisanes, de la chicorée, du kimbaté ?... et si j’ai envie de boire froid : de l’eau plate, de l’eau gazeuse ?... et si j’ai ma crise de boulimie : quelque chose pour me caler : du riz, des galettes de riz, du quinoa ?... et si j’ai envie de sucré : du chocolat, noir bien sûr ! et de la salade, de la soupe, des sojasuns... et... et... la glacière et deux paniers sont remplis !)
Tout est chargé. Prête à partir ! Non, je me sens triste, triste... et cette fois, je m’écoute, je m’allonge... petite séance d’auto-hypnose et je pleure... les tensions libérées. Il est 11h15 et je quitte Niort pour Chabreloche via Limoges. La route est longue : Confolens, première déviation, Limoges, deuxième déviation...
Après avoir contourné la ville par la rocade, je passe tout près de la maison de mon ex-belle-mère et cela me ramène fin 1995, pour un bilan extrêmement positif de ces six années de vie de femme divorcée. A chacun son chemin, à chacun son évolution. Merci la vie !
Cette deuxième déviation allonge énormément le temps de route. Serai-je arrivée avant la nuit ? Je ne connais pas les lieux... Je sais que j’y serai seule... La lumière rasante de cette fin d’après-midi automnale ajoute encore du spleen à mes interrogations.

« les vagues ont toujours des creux certes, mais que les crêtes sont belles ! »

J’arrive enfin ! 18h. Entre chien et loup, je ne suis pas en mesure de compter les 7 Sommets ! J’ai juste le temps de décharger, de me repérer et de m’installer. Il fait nuit, la cuisine ne ferme pas à clef... et là, miracle ! Je me sens en sécurité ! Je me sens chez moi, dans « ma » maison, dans les deux sens du terme. Et j’y trouve des amis... vers lesquels je me précipite : ceux qui parlent de la mort m’attirent et me rassurent !
Pas faim, un peu de soupe et je me sens bien, prête pour une nuit réparatrice.

Mardi 30 octobre :
Réveil tôt avec le soleil. Petit déjeuner dans la cuisine devant (la mère) la mer de nuages couvrant la vallée. Quelques mots de reconnaissance avec Fabienne et la « frêle » Élisabeth puis café, tous ensemble, Bernard nous a rejoints.
Neuf heures, l’heure de l’ascension : deuxième étage pour me retrouver dans la salle de travail (peut-être de tortures !), en face d’Élisabeth.
États des lieux, détermination d’objectifs, écologie, recadrages, techniques classiques presque banales... rien de trop douloureux en apparence ! Tout se passe bien, même un peu trop bien : ne m’attendais-je pas à un décapage plus récurrent, comme certaines fois, en d’autres lieux ?
Dès la fin de la journée, j’ai le sentiment d’être venue ici pour me rassurer : est-ce que je suis bien en bonne voie ? Sur la bonne voie ?... la mienne bien évidemment ! Ce « problème » de boulimie fait déjà partie d’un autre temps : rejouer la séparation de l’adolescence d’avec ses parents, à la cinquantaine, en avalant n’importe quoi, pour se sentir pleine et ainsi, se sentir exister !
La petite Monique a mûri en quelques années grâce à des « nettoyages » périodiques et aux rencontres de « hasard » sans hasard. Elle a pris confiance en elle, en ses ressources, en ses possibilités, en son avenir...
Les vagues ont toujours des creux certes, mais que les crêtes sont belles ! Certains jours, la mer est plate ! C’est une re-Naissance ! Vive la vie ! Merci la vie !
Ici, aux « 7 Sommets », la voie est royale : c’est la voie de la communication avec l’autre dimension et je m’y sens bien. Harmonie, paix, sagesse, plénitude, loin du gavage de notre société. Une métaphore m’est venue en tondant la pelouse, samedi 3 novembre : la rallonge électrique s’étant nouée, m’empêchait de pousser la tondeuse plus en avant et débranchait cette dernière. Les noeuds ont besoin d’être défaits pour permettre d’avancer et surtout, nous avons toujours besoin de rester « branchés » !

Mercredi 31 octobre :
Tien, un signe ! Mais que veut-il dire ? Je me brûle, au deuxième degré, le mollet gauche en prenant ma douche matinale.
Reprise du travail avec Élisabeth. Les protocoles font voyager très loin quelquefois : quelle beauté ! Quelle libération ! Quelle force ! Quelle énergie ! Quelle foi ! Je me sens pleine et cette fois, très, très légère !...

« On choisit son maître, son guide, comme son thérapeute, en fonction du chemin qu’on veut faire »

Ici, en psychothérapie intensive, plutôt un dialogue de femmes entre Élisabeth et moi, dans la simplicité, l’authenticité et... la maîtrise de la technique PNL !
Il est 17h30, nous nous séparons. Il pleut et, entre chien et loup, je repars, sereine et « boostée », vers Niort. A 23h, j’écoute deux messages d’une même amie. Jeudi 1er novembre, à 9 heures, elle est chez moi, effondrée, son mari, après trente ans de vie commune, demande le divorce. Là encore, retour en arrière de six ans et position d’écoute et d’aide à mon amie. N’est-ce pas merveilleux et formidable de se faire aider et ensuite d’aider ?

William BERTON dit : « On choisit son maître, son guide, comme son thérapeute, en fonction du chemin qu’on veut faire. Sa faille sera la nôtre, notre désespoir sera celui dont il est sorti, notre difficulté sera celle qui lui a donné l’envie d’être un jour « panseur » d’âmes. ».
Des idées claires, une mise en forme, le début de la rédaction du mémoire en hypnose ericksonienne que j’ai pour objectif de remettre avant la fin de l’année, tout coule de source, tout devient facile. Il sera unique, original comme celle qui l’écrit. Tant pis, s’il ne rentre pas dans le cadre formel habituel et si le diplôme de master en hypnose ericksonienne n’est pas validé ! Une méditation à partir d’un texte de KRISHNAMURTI sur la « créativité anonyme », m’a confortée dans ma prise de conscience de ce qui est important pour moi, maintenant :

  • avoir évolué au travers et à l’aide de cette formation
  • avoir clarifié mes idées et mes comportements
  • prendre du plaisir à rédiger ce mémoire.
  • faire preuve de créativité dans la présentation.

Vendredi 2 novembre :
En buvant ma boisson chaude préférée (accompagnée du petit carré de chocolat noir !) le signe de la brûlure au mollet, s’éclaire par ce truisme : l’eau brûlante brûle ! Et je peux imaginer, avec frayeur, l’état de mon oesophage qui supporte depuis deux ans, ce genre de température !... et tout cela pour supprimer, soi-disant, l’envie de manger davantage, à la fin du repas ! Quelle auto-destruction, quelle souffrance, quel manque d’amour pour moi-même ! Rechercher la chaleur, la douceur, la tendresse, l’amour est normal. En arriver à la brûlure était pathologique et même morbide !
Cette prise de conscience me permet d’accéder à « la partie de moi qui m’attend patiemment, prête à pardonner de m’être entêtée à ne pas l’écouter. Cette connaissance de soi conduit au pardon ». William BERTON.
Recadrage automatique et salvateur ! Merci les petits signes de là-haut !
En ce samedi de grâce, j’ai eu envie de faire partager ces quelques ricochets d’un court séjour à La Tempérance, symbole de cette alchimie qui s’opère en moi, dans cette période automnale.
La transmutation de la chenille en papillon sera-t’elle pour le printemps ? Qui vivra, verra !
Ou : « En plein coeur de l’hiver j’ai finalement compris qu’en moi subsistait un été invincible ». A. CAMUS.
Ou encore : « Hier encore, je marchais au hasard sur la Terre, et des milliers de chemins fuyaient sous mes pas car ils appartenaient à d’autres. Aujourd’hui, il n’y en a plus qu’un, et Dieu sait où il mène. Mais c’est mon chemin ». J.P. SARTRE.
Merci encore, Élisabeth, d’être ce que tu es.
Monique


Témoignage paru dans le N°41 de LA TEMPÉRANCE