L’alliance magique du mental et de l’intuition.

Accueil > Archives > Témoignages > En Finir avec les Dépendances > Sylvia

Sylvia

Sylvia,
Les semaines ont passé depuis la lettre que je t’ai remise (lors de ton enterrement), j’ai besoin aujourd’hui d’être plus claire, moins dans l’absolu, et de formuler certains mots.

Comme toutes les relations, la nôtre a été imparfaite. Pourtant aujourd’hui, je suis persuadée que nous partagions le besoin de nous rapprocher, de nous assurer que nos liens de sœurs seraient une aide dans nos cheminements respectifs.
Tu as fait des tentatives évoquant des points communs, des ressemblances. Je les ai entendues sans être prête à les accepter, encore trop engluée dans les oppositions par lesquelles la famille nous identifiait.
J’étais dans l’attente d’une relation que j’estimais dépendre de toi seule alors que j’y avais aussi un rôle, je posais des résistances.

Blonde - Brune

Yeux clairs - yeux bruns

Celle qui n’aime pas l’école. Celle que aime l’école

Du soir - du matin

Bordélique - ordonnée

Tu te souviens ? Un peu simpliste ! Même si ces « différences » reposaient tout de même sur des réalités observables...

Aujourd’hui, si je pouvais remonter le temps, je t’accorderais plus d’attention et de respect.
Je t’accepterais telle que tu es, différente de moi, avec pourtant des fils qui nous relient.
L’alcool, les ressemblances physiques, un symptôme...ça aurait mérité un mot que nous ne savions pas bien prononcer : l’Amour.

C’est en conscience de cet amour non dit, non explicitement reconnu que je vais avancer avec ta pensée.
Ca n’est plus ton aide que je réclame comme dans la précédente lettre, mais ta présence, confiante de là où tu es.
Tout comme j’ai confiance en la sérénité à laquelle tu vas accéder.

Ton absence n’est plus un gouffre, un vide.
Nos chemins continuent, nettoyés de toutes les hostilités, les rancoeurs, les peines et les regrets.
Nous pouvons désormais être de vraies sœurs, ennemis pour rire, aux liens inaltérables par quiconque.

M.