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Spécial Suicide

Je me sens un château de cartes posé sur la vie, mon énergie se rassemble pour la garder debout parce que c’est la règle du jeu : le suicide se révèle grave lorsqu’on « se loupe ».

Cette conviction très personnelle m’est apparue subitement, au C.P.O.A. d’un célèbre hôpital, quand je frôlai le placement volontaire, suite à une tentative de suicide : on appelle ça « vous protéger contre vous-même ».
On a le droit de souffrir, d’en mourir, mais pas de se faire mourir pour arrêter de souffrir.

Quelques années plus tard, en post-cure alcoolique pour trois mois, je me sentis cernée par cette vie chevillée au corps, puisqu’elle résistait à tout : crises d’anorexie aiguës, deux tentatives de suicide et l’alcool.

Aussi je rentrai chez moi d’un pied décidé à « faire avec ».

Trois ans plus tard, j’écrivais « COMMENT VAINCRE L’ALCOOL AU QUOTIDIEN ».
On m’a parfois objecté l’aspect très directif de cet ouvrage. Bien sûr je m’y montre directive. Il n’existe pas trente-six façons de dire " secouez-vous », on n’a pas le choix, c’est marche ou crève ! Et encore ! mourir peut-être serait un moindre mal, mais voulez-vous finir sous l’autorité des autres, ou pire, dans les cartons ?
L’essentiel demeure coûte que coûte de ne jamais-plus-jamais, mettre en danger le tracé de vos actes, personne n’ira vérifier celui de vos pensées.
Le désordre dans votre tête, peu importe qu’il se montre : on en est tous là !
Bougez-vous avant qu’il ne soit trop tard ! « « COMMENT VAINCRE L’ALCOOL et VIVRE AU QUOTIDIEN » est un système » D " aussi limité que notre capacité à nous projeter dans l’avenir, lorsqu’on oscille entre vie et mort.

Dans le doute, choisissez d’essayer de vivre, d’essayer de « faire avec », on y arrive, je vous assure. C’est dur, mais toujours moins que les pires galères. Cramponnez-vous à vos thérapeutes !
J’ai partagé pendant trois mois, avec vingt neuf autres femmes alcooliques, le vécu proposé d’un Centre de post-cure.

Arrivée le 28.7.89, j’en suis repartie le 28.10.89. J’y fus amenée en ambulance et à bout de souffle après un coma éthylique, la peau sur les os, la tête en déroute, mais cruellement lucide sur mon état. Le thérapeute qui me reçut m’expliqua les grandes lignes de la thérapie appliquée, son but de réinsertion familiale, sociale et professionnelle, puis me répéta ce qu’on m’avait dit et redit depuis mon coma : j’avais failli mourir et c’était là ma dernière chance. Les trois mois me semblèrent interminables : la promiscuité était partout et constante ; cependant, l’acquis, qui grossissait au fil des cours d’alcoologie, des quelques séances d’analyse transactionnelle, ajouté à mes entretiens particuliers avec les thérapeutes du Centre, me poussait à rester afin d’apprendre encore davantage. J’ai vite assimilé le concept qui se dégage des applications quotidiennes : adhérer au moment présent, nous y situer précisément, chaque journée terminée faisant déjà partie du passé.
A la sortie, je me suis sentie si seule, si abandonnée, qu’à l’époque, j’ai eu besoin de projeter l’image du père idéal sur le directeur du Centre...

« Comment vaincre l’alcool au quotidien » se présente comme une méthode à suivre à la lettre.
Cet ouvrage ne prétend pas être un guide médical, car n’appartenant pas au corps médical, je n’ai aucune connaissance en la matière. Je décris uniquement ici les moyens que j’ai expérimentés dans mon quotidien et qui ont fait leurs preuves de manière convaincante. Ils ont déjà été utilisés par un toxicomane de mon entourage, avec un succès égal au mien. Lui aussi, maintenant, se trouve bien dans son quotidien et dans la vie professionnelle.

...Dans un premier temps, en effet, essayez de suivre « au pied du mot » les étapes proposées ici.
Ensuite, vos propres recettes viendront se mettre en place automatiquement, au fur et à mesure que vous avancerez.