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Que d’évolution depuis ma thérapie avec vous !

Dans cette rubrique, nous vous proposons des témoignages de personnes venues en séjour de thérapie intensive ou de séminaire « En Finir avec l’Alcool » ainsi que des présentations de travail thérapeutique.

« Une renaissance »

J’ai volontairement attendu pour t’écrire ceci car je voulais terminer quelque chose qui me tenait à coeur et ainsi avoir l’esprit plus libre.
J’ai, en effet, obtenu de nouveau mon permis de conduire le 9 décembre 1999 après deux années d’annulation. Pour moi, c’est une grande étape, un nouveau départ et une renaissance. Psychologiquement, il m’a fallu être très fort, car cadeau il n’y a pas eu, c’est d’autant plus important pour moi. Pour le code ça s’est bien passé, un peu de stress mais sans plus, je l’ai eu du premier coup. Pour la conduite, beaucoup de stress pour réapprendre. Je l’ai eue, ce fut un grand soulagement pour moi et pour toute la famille.

Comme tu peux le voir, psychologiquement je vais bien. Physiquement, j’ai perdu dix kilos depuis que nous nous sommes vus, je pèse « soixante-deux kilos, le poids que j’avais à vingt ans », une « renaissance », je te dis. Ma vie a changé et celle de ma famille aussi, que d’évolution depuis ma thérapie avec vous !

Les projets avancent : actuellement, je fais les plans de la maison que nous voulons rénover, pour demander des devis. J’ai trouvé les entreprises pour l’exécution des travaux qui doivent, en principe, commencer début avril et nous devons déménager en août/septembre 2000. Les travaux vont de la toiture au rez-de-chaussée avec des ouvertures. Je prends la responsabilité du chantier, chose que je ne pouvais pas imaginer quand je vous ai rencontrés. Enfin responsable et avec plaisir et enthousiasme !

Faisons le point

Faisons le point depuis ma thérapie avec vous. Quelques périodes difficiles dans les premiers mois où séances de recadrage [1] et protocole de compulsion [2] m’ont bien aidé. Je n’ai retouché à aucun apéritif ni à la bière et n’en ressens aucun désir.
Cependant, au mois d’août, j’ai bu un verre et demi de Bordeaux blanc avec des collègues. Je me suis fait une grande frayeur, j’ai eu l’impression que j’avais bu une bouteille étant donné les effets ressentis.
Aussi, j’ai tout de suite appliqué le recadrage [1]. Ce soir-là, allant dans une crêperie en forêt de Paimpont, « Forêt de Brocéliande », j’ai refait ce protocole et celui de la compulsion, tout seul, en pleine forêt et depuis c’est très bien : donc « ça marche ».
Cependant je reste très vigilant et n’éprouve pas la nécessité de boire de l’alcool. Disons que, dans ma tête, je suis bien et pas en manque.

Après ma frayeur du Bordeaux blanc, j’ai travaillé à nouveau pendant plusieurs jours le recadrage [1].
Je dirais qu’aujourd’hui, ne plus boire d’alcool ne me dérange nullement et je suis aussi joyeux et plaisantin qu’avant. Je suis à l’aise vis à vis des personnes que j’ai en face de moi : famille, amis, collègues.
Cependant je m’interroge sur un point : j’ai l’impression que nous possédons en nous des cellules que je me représente par des petits tiroirs, une multitude de petits tiroirs les uns sur les autres et que, vis à vis de l’alcool, une sélection a été faite et que certains tiroirs sont pleins. Si je retouche à l’alcool concernant ces tiroirs pleins « par rapport à ma consommation d’avant », tout de suite, c’est la rechute.
Et en ce qui me concerne, les tiroirs vin blanc, apéritif, ricard, bière pour les « principaux », je n’ai plus le droit de les ouvrir pour en remettre dedans... Je n’oublie pas qu’en dessous de ces petits tiroirs, il y en a un grand qui, lui, ne fait pas la sélection de la même façon et que celui-là contient tous les petits tiroirs. Comme, chez moi, il y a beaucoup de petits tiroirs pleins je dois être très vigilant.

Enfin, voilà comment j’analyse le problème par rapport à l’alcool en général.
Je ne me mettrai donc pas à consommer de l’alcool, même du vin rouge grand cru et même pas occasionnellement. Et je ne conseillerais à quiconque de procéder comme moi (recommencer à boire ne serait-ce qu’un verre) car cela peut être très risqué. Pour ma part, je pense que j’étais buveur excessif et que j’étais parti pour plonger dans l’alcoolisme profond.
Voilà où j’en suis aujourd’hui et si ma démarche peut aider d’autres personnes, je suis prêt à témoigner de mon expérience.
Je peux dire que je suis bien dans ma tête et dans mon corps et que je revis, heureux de cette nouvelle vie qui a évolué avec celle de ma famille.

« Nous ne sommes plus les mêmes individus... »

Une dernière petite chose : depuis ma thérapie, c’est peut-être physiquement que j’ai le plus souffert. Je suis heureux de cette transformation physique mais elle ne s’est pas faite sans douleur : élimination de toxines accumulées depuis de nombreuses années, et encore aujourd’hui, j’ai la langue chargée. Il faut accepter que ce soit long, que cela se fasse en douceur et en longueur pour que le foie se régénère ainsi que le corps tout entier. Il a tellement été sollicité pendant de nombreuses années. D’où l’importance d’être bien suivi médicalement car nous ne sommes plus les mêmes individus...

Philippe.


[1Le protocole de « recadrage » enseigné lors du séminaire, permet notamment à la personne d’adopter d’autres comportements que l’alcoolisation tout en satisfaisant ses « intentions positives » (ce que la personne cherchait à faire de bien pour elle, en s’alcoolisant). Voir les numéros 7, 19, 20, 21, 22 et 23 de LA TEMPÉRANCE.

[2Le protocole de compulsion permet de gérer « l’envie irrésistible » de boire (manger, etc.). Voir les numéros 3 et 31 de LA TEMPÉRANCE.