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Pour ne pas m’enfoncer dans l’abîme de l’alcool...

J’ai écrit « COMMENT VAINCRE L’ALCOOL AU QUOTIDIEN »* il y a maintenant onze ans, en 1992, avec mes mots d’alors, mes sentiments d’alors.
Quand je me relis aujourd’hui, resurgissent, intactes, toute la douleur et la peur tapies derrière mes phrases. J’étais incapable de les exprimer clairement, sauf en vers parce que la poésie me donnait l’impression rassurante d’un espace protégé, d’y être à l’abri, à l’abri de quoi je ne savais pas, à l’abri de la vie, de ses dangers.

J’écrivais beaucoup de poésies, avec un immense sentiment de liberté, de libération aussi, mes vers se bousculaient... Pour le reste, aucune émotion dans mes phrases, je souffrais pourtant, ma mère venait de mourir et je l’adorais. Mais je ne l’exprimais pas, mon écriture s’arrêtait à des considérations d’ordre pratique du quotidien, à des prévisions concernant des achats ou des démarches à effectuer. Je m’accrochais à mon planning précis, minuté, comme à une bouée de sauvetage, talonnée par la peur de replonger dans l’alcool ; je ne m’accordais aucune digression, aucune fantaisie, et, par conséquence, ma prose ne donnait pas vraiment dans la légèreté ! COMMENT VAINCRE L’ALCOOL AU QUOTIDIEN* en reste la parfaite illustration. C’est parce que je n’avais pas le temps de rêver, ni de philosopher, sans compter que cela eût nui à ma reconstruction : il me fallait reconstruire ma vie quotidienne, non avec des mots, mais avec des actes qui me renvoyaient une consistance rassurante, encourageante. J’éprouvais le besoin de me sentir avancer, progresser, jour après jour, visiblement, concrètement. Laisser ma pensée ou ma prose en roue libre, c’était la porte ouverte à l’angoisse, à mon chagrin, à la peur, à je ne savais quel « monstre », et au risque de m’enfoncer dans l’abîme alcoolique. Dans mon planning, je me sentais à l’abri.
De mes trois mois de post-cure, j’avais retenu l’essentiel : hier est déjà passé, seul compte aujourd’hui qui prépare demain. Aujourd’hui c’est la réalisation des activités prévues sur le planning, point par point, afin de se dire à la fin du jour qu’on a fait de son mieux, sans boire. Simple, basique et pourtant incontournable ! On se reconstruit jour après jour : une maison ne se bâtit pas en commençant par le toit...!
Rigueur, organisation, travail sur soi-même, certes peu plaisant, néanmoins, ce programme demeure inévitable pour s’arracher à un grave problème alcoolique.
La philosophie existentielle ne doit pas s’inscrire à l’ordre du jour avant de s’être consolidée dans un quotidien positif et sobre. Ensuite, ma foi, on peut, sans danger, consacrer du temps aux problèmes de fond qui se sont révélés responsables du dysfonctionnement conduisant à l’alcool. Mais seulement ensuite. Je sais : vous vous dites : « Tu parles ! Il faut pouvoir ! Être motivé ! » OK, c’est vrai.
On peut tous, vous pouvez tous, trouver quelque chose (une cause, une association) ou quelqu’un qui vous motive (mari, femme, ou ex, enfant, parents, amant, etc.)... alors, qu’attendez-vous pour vous y mettre ? Moi, c’était l’amour. Un amour fou, romanesque et impossible, j’aimais à en guérir mon psy de l’époque. Mais tout de même, je n’avais pas « pété les plombs » au point de l’imaginer raide-dingue de moi en récompense de mes efforts.
Après ma post-cure, mon goût prononcé pour la poésie m’a aidée à transcender ce sentiment amoureux de patiente fragilisée par l’anorexie et l’alcool. De plus, d’infructueuses tentatives de suicide, dans le passé, m’avaient amenée à la conclusion qu’il se révélait pour moi plus prudent d’essayer de vivre, si je tenais à ne pas me retrouver bouclée chez les « oufs »... la suite on la connaît il suffit de lire « COMMENT VAINCRE L’ALCOOL AU QUOTIDIEN »*...
Peu importe pour qui, pourquoi vous le faites, mais faites-le : essayer d’arrêter de boire, rebâtissez votre vie, personne ne le fera à votre place.
Accrochez-vous à tout ce qui se présente d’assez fort pour vous aider. Courage, vous réussirez.
Marguerite.