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Le vilain petit canard « cuvée 55 »

Dans cette rubrique, nous vous proposons des témoignages de personnes venues en séjour de thérapie intensive ainsi que des présentations de travail thérapeutique.

N’être

accompagner la feinte

sans traverser le mur

donner un autre nom

au sang de chaque pierre

mais rien

de cet appel

que le vide éconduit

rien

de ce froid intense

au centre de la chute

les mots ne s’osent pas

à retenir l’écho

d’une vie qui se crie

en béance durable

hors de son apparence

Christine (MLB)

J’ai écrit ce texte il y a une dizaine d’années...
Depuis ma naissance, trente ans auparavant, je tentais de trouver ce qui m’empêchait d’adhérer à la vie... Quel « chapitre » avais-je bien pu manquer pour être à ce point « out » ? Au moment de ces lignes, j’étais arrivée à un tel stade de « non-vie » que j’ai décidé de commencer une thérapie...
Il m’a fallu réapprendre tout.
Me remettre debout, tout d’abord, puis faire les premiers pas...
Impossible, sans béquilles... J’ai donc fabriqué, d’année en année, de nouvelles béquilles au fur et à mesure que j’en lâchais une.
De « toxico-légale » comme on nomme pudiquement les « accros » aux médicaments doctement prescrits par la « profession », je suis devenue anorexique, avec des crises de boulimie, bien sûr, puis, pour sortir de ce cycle, j’ai eu recours à l’alcool, ce merveilleux « anti-poids », qui me permettait, entre autres, de manger sans « m’en apercevoir » donc en l’acceptant mieux...
Si je n’ai pas vraiment touché à la drogue, c’est que mes rares essais m’ont plongée dans un état semi-comateux... Chance !

Parallèlement à ce parcours de destruction intensive, mon cheminement m’a amenée à une prise de conscience spirituelle qui, peu à peu, m’a aidée à trouver de plus en plus de lumière et de joie dans ce labyrinthe obscur... Le « tunnel » me semblait avoir de plus en plus souvent une issue possible et surtout un sens...
Mais, à chaque mur franchi, j’en découvrais un nouveau à abattre ou à traverser... Et une nouvelle béquille me permettait de continuer un peu plus loin malgré la fatigue parfois omniprésente et le découragement à l’affût.
Depuis quelques années, j’avais la conviction d’être tout près du « but », j’avais, en effet, découvert les « causes », les
« traumatismes », les « origines »... tout était explicable, voire limpide et je pouvais intégrer, remettre en ordre, me mettre en harmonie avec la Vie en général et la mienne en particulier, etc.
Bref, tout allait de mieux en mieux !
MAIS je me heurtais toujours au même obstacle : je ne savais plus marcher sans béquilles.

Or, je savais, au fond de moi, que loin de m’aider, désormais, elles m’entravaient dans mon avance.
Piégée, incapable de sauter le pas malgré tous mes efforts, malgré de multiples appels à divers thérapeutes qui ne prenaient pas au sérieux ma demande puisque je n’affichais effectivement aucun signe de dépendance évident, mon besoin d’alcoolisation étant très ponctuel, très cadré, impossible de le déceler pour qui ne partageait pas ma vie intime.
C’est dans cet état d’esprit que j’ai eu vent de « LA TEMPÉRANCE »... Il fallait absolument qu’on prenne ma « multi-dépendance » au sérieux et qu’on m’aide, une fois pour toutes, à m’en libérer...
Bernard et Elisabeth se souviennent encore sûrement de nos premiers contacts téléphoniques...! Quel « crampon » !
Mais je savais que c’était ma chance...
Leur accueil aux « 7 Sommets », la chaleur des échanges, la thérapie (PNL, Transformation Essentielle, ressenti corporel) la magnificence du paysage dans la lumière de cette fin de mois d’août... Tout reste inscrit en moi avec une indicible acuité.
De « n’être » à « naître »...
Avec leur aide, en quatre jours, « le vilain petit canard » a fini sa mue... peut-être pas en « cygne », mais, à coup sûr, en « alouette », qui, comme le dit si joliment O. PACTAT-DIDIER, « pile du cristal dans la coupe du ciel »*...
Alouette ivre...de joie et de liberté...

De cette Ivresse décrite par l’Ange :

« Ce qui est Voie pour vous est Poids pour moi.

Le Poids qui pèse sur la Terre, c’est la Voie.

La délivrance élève le Poids et il n’y aura plus de Poids.

Tant que nous ne sommes pas unis, nous ne pouvons pas élever.

Toute ivresse est avant-goût du Sans-Poids.

C’est pour cela que l’homme la cherche...
mais sur le mauvais chemin.

Soyez ivres de Dieu !

C’est cela le symbole du vin, c’est SON sang.

Vertu, bonté, bonnes intentions ne sont que pots ébréchés, pots vides, sans la Boisson.

Avec une soif inextinguible, soyez assoiffés de l’Ivresse,
qui seule peut délivrer.

Que voulez-vous donner, s’il n’y a rien en vous ? (...)

A CELUI QUI VRAIMENT DEMANDE A BOIRE. LA BOISSON EST DONNEE.

Sois bien attentive !

Toute ivresse est hommage à Dieu.

L’Ivresse la plus grande absorbe la plus petite.

Mais la plus petite continue à vivre dans la plus grande.

Rien n’est perdu !

Qu’il n’y ait donc plus de doute en ton âme !

LE PLUS SACRE, C’EST L’IVRESSE.

(...)
CELUI QUI, SUR TERRE, EST SANS POIDS, EST SANS VOIE.

La matière que vous avez assumée, c’est le poids.

SI VOUS POUVIEZ SAISIR L’ATTIRANCE D’AMOUR DU POIDS VERS LA LUMIÈRE.

SI VOUS POUVIEZ PRESSENTIR L’ATTIRANCE D’AMOUR DE LA LUMIÈRE VERS LE POIDS,

ALORS VOUS GOÛTERIEZ L’IVRESSE.

(Dialogues avec l’Ange)

Merci

Au Poids

A la Voie

A mon Ange, qui a bien du mérite.

A tous ceux, qui, à un moment ou à un autre, m’ont tendu la main, comme Élisabeth et Bernard, cet été.

Et...aux béquilles qui m’on aidée à marcher...

La Vie fasse qu’à mon tour, je puisse aider ceux que je croiserai...

Pour terminer, je vous offre cet autre texte que j’avais écrit à peu près à la même période que celui qui ouvre ce témoignage...
A l’époque, il tenait un peu du « rêve »... aujourd’hui, je le vis...

« Privilège d’alouette »...

d’un envol vertical

mobiliser l’espace

ivre de liberté

s’arrimer en plein ciel

et - tison de soleil -

s’extasier de ce rire

que nul ne peut éteindre

Christine (MLB)

* « L’Oeuvre au Rouge » - Éditions « Le cygne d’O ».


Témoignage paru dans le bulletin N°37 de LA TEMPÉRANCE.