L’alliance magique du mental et de l’intuition.

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Je suis tombée dans la potion magique

Il m’a fallu du temps pour atteindre la confiance et la légèreté suffisante pour écrire ces lignes.

Je me sens un peu comme Obélix, tombée dans la potion magique toute petite, sauf que pour moi c’était dans l’alcool et que sa magie était nettement moins drôle. Il est entré dans ma vie avant même que je pointe ma frimousse sur cette terre car mon père en consommait beaucoup, beaucoup trop et avant lui son père et avant encore probablement d’autres...
En prenant de la distance, je crois pouvoir dire que lui et moi avons malgré tout, partagé un peu d’amour.
Éclat infime et cependant nécessaire pour m’avoir permis de rester du côté de la vie. Plus que sa famille, plus que lui-même, mon cher Papa aimait l’Alcool, ce compagnon fidèle qui l’avait soutenu pendant les périodes les plus difficiles da sa vie, face à sa mère, en Indochine, en Algérie...
Alors comment vivre sans se raccrocher à ce qui pourrait le nourrir facilement, tout criait tellement famine en lui ?
Ce n’était qu’une illusion, celle-ci l’a conduit à sa perte. Il est mort enfermé dans sa solitude avec pour seule raison de vivre l’Alcool.
Curieuse Eau de vie !
Peut-être ai-je cru pouvoir le retrouver en le suivant au bord du gouffre ?
Toujours est-il, que ce breuvage magique et sournois m’a tendu les bras.
M’avait-il reconnu ?

Tout a commencé, enfant, quand la nuit tombait et que des cauchemars envahissaient mes rêves.
Quand les fessées n’ont plus suffi à calmer mes terreurs, ma grand-mère m’a préparé de grands bols de lait chaud dans lequel elle ajoutait du Rhum et du miel (je revois la bouteille et aujourd’hui encore cela me donne la nausée).
Dès que le liquide envahissait mon corps, je flottais dans un nuage de chamallows doux, moelleux aux couleurs tellement tendres que je m’endormais, le cerveau au repos.
J’ai grandi tant bien que mal, perdue et éperdue d’amour.
Ce monde chamallows toujours présent dans mon esprit qui avait le mérite d’être là pour nourrir mes rêves. Et aussi ce besoin viscéral d’aimer et d’être aimée.

Mes enfants sont arrivés.
Les porter, les nourrir. Quelle légèreté ! J’étais heureuse, je me nourrissais de leur amour et eux du mien.
Le monde chamallow m’avait quittée.
Pour un temps seulement, car Monsieur Alcool m’attendait.
Je le savais, qu’il ne me lâcherait pas, pour l’avoir si bien connu, je ne pouvais rien y faire, il était plus fort que moi. Je disais non et il me tendait ses bras et je me laissais prendre à la douceur chamalotique.
J’ai consulté des médecins, des psychologues, des marabouts... J’ai lu des tonnes de livres pour comprendre, pour le rejeter hors de moi, j’y ai mis toute une énergie, je ne voulais pas rejoindre mon père, pas comme ça.

J’étais désespérée, presque résignée, jusqu’au jour où je suis tombée sur un livre « L’alcool, toi, moi et les Autres » d’Elisabeth FRIT.
Je l’ai lu et relu, j’ai pleuré et repleuré avec mes larmes d’enfant. J’ai laissé mon cœur battre la chamade. J’ai souhaité rencontrer, cette personne qui avait si bien exprimé mon chaos intérieur sans me connaître.
J’étais perdue, je me retrouvais dans ses mots.
Je me suis inscrite à un stage à la tempérance « En finir avec les dépendances », sans vraiment croire qu’en quatre jours, il était possible de mettre K.O, l’ALCOOL.
Je ne crois pas en Dieu mais en ce Hasard qui m’a conduite jusqu’à Elisabeth.

J’ai compris, qu’il fallait arrêter de se battre contre plus fort que soi, qu’il fallait tout simplement apprivoiser ses démons en utilisant ce cerveau qui nous a été offert à tous.
Avec une infinie générosité, avec beaucoup d’intelligence aussi et d’intuition. Elle m’a appris, m’a montré le chemin.
Aujourd’hui, je suis enfin en paix avec la petite fille que j’ai été et la femme que je suis devenue.
Mon comportement s’est modifié, c’est un peu destabilisant pour mon entourage.
Je me sens plus libre, plus indépendante, et si pleine de vie. Au fil des jours, ce que me renvoient leurs regards m’encourage dans cette voie.
Je commence à aimer ce que je suis devenue et eux aussi.
L’alcool, son chant de sirène et sa douceur chamallow ne m’attirent plus.

L’amour, les rires sont revenus dans ma vie. Ils ne m’ont jamais quittée, seulement le nuage douçâtre qui flottait sur mon cerveau m’empêchait de les vivre pleinement... Quand le tentateur revient rôder trop près de moi, je vais faire un petit tour chez mon copain Obélix le PNLIX, j’utilise intuitivement ses outils PNL et hop plus besoin de « potion magique » c’est nettement plus « rigolo », !

Alors il s’en va, dépité et impuissant. Monsieur Alcool n’a aucun humour et surtout il ne supporte pas que les gens soient heureux sans lui...
Joëlle